Réduction du taux d’intérêt de la BEAC à l’égard des banques pour stimuler l’économie de la sous-région
Au troisième trimestre, la Banque Centrale des pays de la zone CEMAC a revu en baisse son taux directeur, pour booster les opérations dans l’économie réelle.
L’objectif est de permettre une injection d’une masse monétaire qui doit par effet d’entrainement renforcer le pouvoir d’achat des ménages. Cela ne va pas sans risque à cause de la fragilité des pays membres.
La décision a été prise à l’issue de la réunion du Comité de Politique Monétaire de la BEAC, le 24 mars 2025, à Yaoundé au Cameroun. Elle réduit le taux directeur qui était de 5% à 4,5%. C’est pour la première fois en deux ans que l’institution monétaire a pris une telle décision. Les autres réunions, entre temps ont été marquées par la tendance à la hausse, à cause l’inflation persistante surtout par rapport aux produits de première nécessité. Justement, la BEAC considère que le taux d’inflation a baissé à 2,9%, bien en deçà des 3% comme seuil maximal dans la sous-région. « La pression inflationniste dans la zone CEMAC suit une tendance baissière, et nous anticipons une diminution encore plus marquée cette année », a déclaré Yvon Sana Bangui, gouverneur de la BEAC, soulignant également la bonne tenue des réserves de change.
Cette réduction doit entrainer à son tour la réduction du taux d’intérêt des banques commerciales. Habituellement, un taux bancaire réduit doit inciter les ménages à contracter bien plus les prêts d’investissement ou de consommation. En créant un cercle vertueux, la baisse du taux directeur de la BEAC est un levier d’amélioration de la croissance. Mais la circulation massive de la monnaie et de l’augmentation de la consommation peut amener les acteurs de l’offre à créer la surenchère. Dans ce cas, l’effet inattendu sera la poussée inflationniste. Au Tchad où le mécanisme de contrôle de prix est toujours défaillant, la tendance inflationniste est plausible.
Mais le Gouverneur de la BEAC, tout en reconnaissant un risque d’inflation pointe une autre cause : « La solution réside dans la mise en œuvre des stratégies d’import-substitution de nos États », a-t-il précisé. Les économies de l’Afrique Centrale sont peu diversifiées avec une importation accrue de produits alimentaires et manufacturiers. Puisque la peur de l’inflation n’est pas monétaire, Yvon Sana Bangui exhorte les Etats de la CEMAC à augmenter leur production locale pour réduire leur dépendance de l’extérieur. Les perspectives dans ce cas semblent optimistes. La croissance devrait s’accélérer pour atteindre 2,9 % en 2025, contre 2,6 % en 2024, portée par le dynamisme des secteurs non pétroliers, selon la BEAC.
L’effet de la réduction du taux directeur de la BEAC est donc attendue dans les jours à venir.
Succès Nargopoli / Dari Infos