Le géant singapourien de négoce et de courtage alimentaire a redonné l’espoir concernant la reprise de production cotonnière au Tchad, pour le bonheur des différents acteurs. Il a promis de porter la production de référence de 100 000 tonnes/an à 300 000 à l’horizon 2023. Après 7 années d’exploitation, le fruit n’a pas tenu la promesse des fleurs.
Selon les termes de l’accord avec l’Etat tchadien, OLAM, sûr de son expérience internationale, s’est fixé comme objectif de multiplier par 3 la production cotonnière en 5 ans, soit entre 2018 et 2023. Cet accord annonce en outre, la restructuration de la société cotonnière du Tchad notamment, afin de permettre la mise en œuvre d’un programme de croissance de la production de coton graine à 300 000 tonnes d’ici 2023, contre 100 000 tonnes actuellement.
Cette promesse ambitieuse a amené le gouvernement à supporter le passif vis-à- vis des créanciers. « L’Etat s’occupera du passif de la société et nous allons nous occuper du futur », a déclaré le directeur général de la Cotontchad SN, et représentant d’Olam international au Tchad, Jacky Rivière. Le 7 juillet 2024, la Coton Tchad Société Nouvelle (Coton Tchad SN) a présenté un bilan de 110 000 tonnes pour la campagne agricole 2023/2024. Le rendement moyen du coton au Tchad est plafonné à 500 kg/hectare contre 1,5 tonne au Cameroun, 1 à 1,2 tonne en Côte d’Ivoire, et plus de 4 tonnes au Brésil. C’est un échec.
Le manque d’un mécanisme d’évaluation de l’accord de cession laisse une large marge de manœuvre à l’entreprise Singapourienne d’interpréter certaines obligations comme elle veut.
Deux ans après l’échéance de 5 ans, les signes cette croissance ne sont pas toujours visibles. Le Ministre du Commerce et de l’Industrie a déploré, lors des journées coton le manque d’engouement des producteurs pour le coton. C’est le résultat d’une migration de la main d’œuvre vers d’autres filières mieux attractives. Pour faire revenir cette force de production, le gouvernement doit mettre en place des mesures incitatives et pas des moindres. Les maux de la filière coton sont profonds. Les foras et les discours ne suffiront pas.
Laisser la main à OLAM sans cahier de charges précis et des mécanismes conjoints d’évaluation est un pari risqué. L’entreprise internationale implantée dans plusieurs pays d’Afrique, est déjà l’objet de déception des cotonculteurs au Togo. Ceux-ci ont réclamé son départ, estimant qu’elle n’a rien fait pour booster la production du Coton. Les deux pays (Tchad et Togo) où OLAM prend en main le Coton ont une place peu enviable dans les rangs des producteurs de coton en Afrique. OLAM est un géant qui ne fait pas rêver des millions de cotonculteurs.
Succès Ngarpolo