La décision du président chinois Xi Jinping de supprimer les droits de douane sur les importations africaines à partir du 1er mai 2026 ouvre une nouvelle perspective pour le Tchad. Pour N’Djamena, l’enjeu est clair : transformer cette mesure commerciale en véritable levier de croissance.
Un accès privilégié à un géant économique
La Chine, deuxième puissance économique mondiale, représente un marché stratégique pour les pays exportateurs de matières premières. Pour le Tchad, dont l’économie repose principalement sur le pétrole, l’élevage et certains produits agricoles comme le sésame ou la gomme arabique, la suppression des barrières tarifaires pourrait améliorer la compétitivité des exportations.
Même si le pétrole tchadien trouve déjà preneur sur les marchés internationaux, l’ouverture accrue du marché chinois pourrait diversifier les débouchés, notamment pour les produits agricoles.
Un partenariat déjà bien établi
La coopération sino-tchadienne ne date pas d’hier. Des entreprises chinoises sont présentes dans le secteur pétrolier et dans certains projets d’infrastructures. Cette nouvelle mesure pourrait renforcer cette dynamique, en attirant davantage d’investissements et en consolidant les relations économiques bilatérales.
Pour les autorités tchadiennes, l’enjeu sera de négocier des partenariats favorisant la transformation locale et le transfert de compétences, afin d’éviter de rester cantonnées à l’exportation de matières premières brutes.
Des défis structurels persistants
Toutefois, l’accès sans droits de douane ne garantit pas automatiquement une hausse significative des exportations. Le Tchad reste confronté à des obstacles majeurs : enclavement géographique, insuffisance des infrastructures logistiques, faible industrialisation et capacité de production limitée.
Sans réformes structurelles et investissements dans la chaîne de valeur, les bénéfices pourraient rester marginaux.
Une carte à jouer sur le plan stratégique
Dans un contexte international marqué par des tensions commerciales et une recomposition des alliances économiques, cette ouverture chinoise offre au Tchad une marge de manœuvre diplomatique supplémentaire.
Elle permet de diversifier ses partenaires et de consolider sa position dans la coopération Sud-Sud.
Reste à savoir si cette opportunité sera exploitée comme un simple avantage commercial ponctuel ou comme le point de départ d’une stratégie économique plus ambitieuse.
L’enjeu n’est pas seulement d’exporter plus vers la Chine, mais d’utiliser cette ouverture comme tremplin vers une économie plus compétitive et résiliente.
Teupella Tansouba Roland/Dari Infos