Transparence budgétaire : le Tchad demande le réexamen de son évaluation dans l’Open Budget Survey 2025
Le ministère des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale a officiellement saisi l’International Budget Partnership (IBP) pour demander un réexamen de l’évaluation provisoire du Tchad dans le cadre de l’Open Budget Survey 2025.
Dans une correspondance datée du 7 juillet 2026 et adressée au responsable de l’enquête sur le budget ouvert, David Robins, la Direction générale du Budget et de l’Informatisation estime que les résultats provisoires comportent des omissions, des erreurs d’appréciation et des divergences méthodologiques ayant affecté la notation attribuée au pays.
L’administration tchadienne affirme que plusieurs observations formulées par les relecteurs pairs de l’IBP n’ont pas été pleinement prises en compte lors de l’évaluation.
Le ministère met en avant les réformes engagées ces dernières années en faveur de la transparence des finances publiques, notamment l’adoption du Code de transparence et de bonne gouvernance, la publication des principaux documents budgétaires sur les plateformes institutionnelles, la digitalisation progressive de la chaîne des finances publiques à travers le SIGFIP, ainsi que le développement d’outils numériques donnant accès aux données budgétaires et financières.
La correspondance souligne également la résorption, en 2024, du retard dans l’élaboration des lois de règlement des exercices 2014 à 2022, présentée comme une avancée majeure en matière de reddition des comptes. Elle évoque aussi les notations souveraines attribuées au Tchad par Fitch Ratings et S&P Global Ratings avec une perspective stable, considérées comme un indicateur du renforcement de la crédibilité financière du pays.
Parmi les principaux points de désaccord figure la non-prise en compte du Budget citoyen 2025. Le ministère indique que ce document est publié sur le portail de l’Observatoire tchadien des finances publiques et qu’il fait l’objet d’une diffusion multilingue à travers des versions audio, des caravanes de sensibilisation, des capsules vidéo et les réseaux sociaux.
Les autorités contestent également l’appréciation relative aux rapports d’exécution budgétaire. Elles soutiennent que les rapports trimestriels publiés, notamment celui du deuxième trimestre, remplissent les fonctions d’un rapport de mi-exercice et devraient être reconnus comme tels dans l’évaluation.
Le ministère relève en outre que le rapport définitif de la Cour des comptes sur l’exécution de la loi de finances 2023, publié en novembre 2024 sur le site officiel de cette institution, n’aurait pas été pris en considération malgré son caractère officiel.
Autre point soulevé : la qualification du Projet de loi de finances 2025 comme document « non accessible au public ». Selon la Direction générale du Budget et de l’Informatisation, cette appréciation a entraîné des réponses négatives en cascade sur plusieurs dizaines de critères d’évaluation, alors que le document aurait été transmis au Parlement dans les délais et comporterait l’ensemble des informations budgétaires requises.
Le ministère estime également que la Stratégie de gestion de la dette à moyen terme 2024-2026, publiée sur le site du département chargé des Finances, aurait dû être intégrée à l’analyse des informations relatives à la dette publique.
Au terme de sa correspondance, le Tchad sollicite officiellement la révision des scores concernés, la prise en compte des différents documents budgétaires publiés, l’intégration des observations formulées par les relecteurs pairs et l’organisation d’une réunion technique avec les équipes de l’International Budget Partnership avant la publication du rapport final.
Le ministère réaffirme enfin son attachement aux objectifs de l’Open Budget Survey, tout en estimant que la crédibilité de cette évaluation repose sur une appréciation complète, cohérente et équitable des informations effectivement mises à la disposition du public.