Plusieurs présidents de partis politiques membres du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP) ont été interpellés ce samedi 25 avril 2026 à N’Djamena, selon des sources concordantes.
La vague d’interpellations aurait débuté dans la matinée avec le Professeur Avoksouma Djona. Quelques heures auparavant, celui-ci avait lancé une alerte sur sa page Facebook, exprimant ses inquiétudes quant à sa sécurité :
« Suis-je en danger de mort ? En une semaine, des individus en véhicule Corolla et 4×4 se sont présentés à deux reprises, à 2 heures du matin puis à 22h19, chez des habitants pour demander où je me trouvais », avait-il écrit avant son interpellation.
Plus tard dans la journée, Max Kemkoye, président de l’Union des démocrates pour le progrès (UDP), a également signalé la présence d’agents de l’Agence nationale de sécurité (ANS) dans son quartier :
« Je viens d’apprendre que des agents de l’ANS ont investi mon quartier avec ma photo à l’appui pour identifier ma maison », a-t-il déclaré. Il sera à son tour interpellé quelques heures plus tard.
Selon plusieurs alertes relayées par des responsables de la jeunesse du GCAP, notamment Florence Loardomdemadje, présidente des jeunes du parti Les Patriotes, d’autres figures politiques auraient également été arrêtées. Il s’agit notamment du Professeur Avoksouma Djona, du Dr Nassour Kourssami, de Max Kemkoye, de Bidi Valentin, de Badono Daïgou et d’Abanga Brahim Barka et bien d’autres.
À ce stade, aucune communication officielle n’a été faite par les autorités tchadiennes sur les motifs de leur interpellations et le lieu où ils sont conduits.
Ces interpellations interviennent au lendemain d’une décision de la Cour suprême, relayée dans un communiqué du ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration, déclarant la nullité du GCAP et l’illégalité de ses activités sur l’ensemble du territoire national.
Dans ce même communiqué, les autorités ont indiqué avoir constaté des campagnes de sensibilisation visant à mobiliser la population en faveur d’une marche dite « d’indignation et de protestation », prévue pour le 2 mai 2026. Une initiative que le ministère a qualifiée de nature à troubler l’ordre public.
En conséquence, le ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration a appelé les organisateurs et les personnes impliquées à cesser immédiatement toute activité liée à cette mobilisation. Il a également averti que tout contrevenant s’exposerait aux sanctions prévues par les lois et règlements en vigueur en République du Tchad.
Cette décision a suscité de vives réactions au sein de l’opposition et des organisations de défense des droits humains. Plusieurs voix, dont celle du sénateur Pahimi Padacké Albert, appellent les autorités à rouvrir l’espace civique et politique et à autoriser la tenue de la marche pacifique envisagée par le GCAP.
Par ailleurs, plusieurs partis politiques et organisations de la société civile intensifient leurs appels en faveur de la libération immédiate et sans condition des personnes interpellées.