Le député tchadien Ngarmbatina Lamane livre sur sa page Facebook une analyse critique de la gouvernance du président béninois Patrice Talon, qu’il considère comme un dirigeant réformateur dont le bilan serait toutefois marqué par des dérives politiques et démocratiques.
Dans son analyse, l’élu tchadien reconnaît que Patrice Talon a engagé, en deux mandats, d’importantes réformes ayant profondément transformé le Bénin.
Toutefois, il estime que cette dynamique de modernisation masque un affaiblissement progressif du pluralisme politique et des libertés démocratiques.
Ngarmbatina Lamane cite notamment plusieurs figures de l’opposition emprisonnées ces dernières années.
Parmi elles figurent Reckya Madougou, ancienne ministre et candidate à l’élection présidentielle de 2021, condamnée à 20 ans de prison, ainsi que Joël Aïvo, condamné à 10 ans d’emprisonnement après la présidentielle de 2021.
Le député évoque également le cas de Candide Azannaï, ancien ministre de la Défense et ancien député, arrêté en décembre 2025 et dont le procès est en cours.
L’analyse met aussi en avant la situation de plusieurs personnalités politiques contraintes à l’exil, notamment Léhady Soglo, ancien maire de Cotonou, et Sébastien Ajavon, homme d’affaires et ancien allié du chef de l’État devenu opposant.
Sur le plan institutionnel, Ngarmbatina Lamane critique la restructuration du système partisan béninois, passé de 109 partis politiques à trois grands blocs, dont deux soutiennent le pouvoir : l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) et le Bloc Républicain (BR). Selon lui, cette configuration a conduit à un Parlement dominé par la mouvance présidentielle.
Abordant l’élection présidentielle de 2026, il rappelle que deux tickets présidentiels sont actuellement annoncés : Romuald Wadagni associé à Mariam Chabi Talata pour le camp présidentiel, face à Paul Hounkpè et Judicaël Hounwanou pour l’opposition.
Pour le député tchadien, Patrice Talon demeure « un grand réformiste », mais il estime que les réformes engagées relèvent davantage d’un « vernis démocratique » que d’un véritable renforcement des institutions pluralistes.
Ngarmbatina Lamane souligne enfin que le président béninois aurait exprimé le souhait de siéger au Sénat après la fin de son mandat présidentiel.