Semaine nationale de la femme tchadienne : au-delà des discours et des photos
Le regard de Salima Saleh Mahamoud, Présidente de l’Association La Voix de la Femme pour la Médiation, la Réconciliation et le Leadership Féminin (AVFLF) de la province du Ouaddaï.
Chaque année, on parle de la femme tchadienne.
On l’applaudit.
On organise des cérémonies.
On porte des pagnes symboliques.
On prend des photos sous les projecteurs.
Mais derrière ces festivités, la réalité est toute autre.
Dans un quartier discret, une femme se tait après une violence qu’elle n’ose pas dénoncer.
Dans un village reculé, une mère calcule comment payer les cahiers de sa fille.
Au marché, une vendeuse travaille sous le soleil brûlant, sans protection, sans sécurité, sans reconnaissance.
Au tribunal, une veuve attend qu’on écoute enfin sa demande de justice.
Cette femme-là n’est pas une invitée d’honneur.
Elle n’apparaît pas sur les photos officielles.
C’est la femme tchadienne, dans sa vie quotidienne, dans ses luttes invisibles.
La Semaine nationale de la femme tchadienne ne doit pas se limiter à des discours décoratifs, des pagnes symboliques et des photos officielles.
La femme tchadienne n’a pas besoin d’une célébration folklorique. Elle a besoin que ses droits soient respectés :
Que les lois soient appliquées.
Qu’elle ait un accès réel à l’éducation.
Qu’elle puisse accéder à l’autonomie économique.
Qu’elle soit protégée contre toutes les formes de violence.
En tant que défenseurs des droits des femmes, nous refusons le silence.
La dignité ne se folklorise pas.
Les droits ne se décorent pas.
Ils s’exercent et se garantissent.
Cette semaine doit être un tournant.
Un moment de vérité.
Un passage des discours aux actions concrètes.
Femme tchadienne, ta voix compte.
Et tant qu’elle sera ignorée, la nôtre ne se taira pas.