Face aux informations « alarmantes » faisant état « d’affrontements et d’exactions » dans la zone de Korbol, le sénateur et chef de file de l’Opposition démocratique tchadienne, Pahimi Padacké Albert, est sorti de son silence.
Dans une déclaration au ton grave et mesuré, l’ancien Premier ministre exprime sa profonde inquiétude tout en pointant les « insuffisances de la communication officielle » autour de cette crise naissante.
Dès l’entame, le leader de l’opposition justifie la prudence observée par son camp au cours des derniers jours. Une retenue présentée comme un choix responsable, motivé par la volonté d’éviter toute surenchère verbale susceptible d’aggraver les tensions. Mais cette posture d’attente, explique-t-il, n’a pas permis d’éclaircir la situation. Au contraire, le « flou persistant autour des faits alimente la confusion et accentue le malaise ».
Au cœur de son intervention figure une critique à peine voilée de l’État. Selon Pahimi Padacké Albert, l’opacité et les approximations dans la communication officielle contribuent à nourrir l’angoisse des populations locales, déjà fragilisées par l’insécurité. En filigrane, le sénateur met en cause la « gestion de l’information par les autorités, qu’il estime contre-productive » pour la paix et la cohésion sociale.
Sans désigner de responsables précis, le chef de file de l’opposition condamne « avec la plus grande fermeté » toutes les formes de violence, quelle qu’en soit l’origine. Cette condamnation globale lui permet de se positionner au-dessus des clivages immédiats, tout en réaffirmant son attachement à des valeurs centrales : la paix, la dignité humaine, l’unité nationale et le respect des diversités qui fondent le vivre-ensemble tchadien.
L’appel à l’ouverture rapide d’une enquête indépendante, crédible et transparente constitue l’un des points forts de la déclaration. Pour Pahimi Padacké Albert, seule une telle démarche peut permettre d’établir les responsabilités, de rassurer les populations civiles et d’éviter une escalade incontrôlée. Ce plaidoyer en faveur de la vérité et de la justice s’inscrit dans une logique institutionnelle, que l’opposant revendique clairement.
La mise en garde contre le recours à la force, illustrée par une maxime populaire sur les limites de la violence, renforce le message politique : une réponse exclusivement sécuritaire ne saurait régler durablement des problèmes aux racines plus profondes. À travers cette référence, le sénateur souligne la nécessité de solutions politiques et inclusives.
Enfin, Pahimi Padacké Albert réaffirme son engagement à défendre les droits des citoyens et l’intégrité du territoire national par des moyens pacifiques et institutionnels. Il appelle enfin à un dialogue sincère, à l’écoute mutuelle et à une gouvernance plus transparente et inclusive, qu’il présente comme les seules voies possibles vers une paix durable.
Au-delà du cas de Korbol, cette sortie publique apparaît comme un signal politique adressé aux autorités : l’opposition se veut vigilante, responsable, mais déterminée à exiger clarté, justice et respect des populations dans la gestion des crises sécuritaires.
La Rédaction