Les leaders de la jeunesse sont-ils la cause de l’instabilité à la tête du ministère de la jeunesse et des sports ?
Depuis quelques années, un constat s’impose : à chaque remaniement, le ministère en charge de la Jeunesse et des Sports change presque systématiquement de titulaire. Cette instabilité chronique interroge une question de fond : les leaders de la jeunesse ne portent-ils pas une part de responsabilité dans cette situation ?
En réalité, une dynamique préoccupante semble s’installer. Animée par des rivalités de leadership et une quête d’intérêts souvent personnels, une frange de la jeunesse choisit de soutenir un ministre, bénéficiant parfois en retour d’une intégration dans la gestion du département. En revanche, une autre partie, se sentant marginalisée ou exclue, s’organise pour le fragiliser, voire provoquer son départ.
Dans un tel climat, il devient extrêmement difficile pour le ministre en fonction de travailler sereinement, de mettre en œuvre ses politiques publiques et d’atteindre les objectifs assignés. L’action publique se retrouve ainsi prise en otage par des luttes d’influence internes à la jeunesse elle-même.
Ce cycle, désormais bien connu, se répète à chaque nomination. Lorsqu’un ministre ne répond pas aux attentes d’un groupe, il est rapidement étiqueté comme un adversaire à combattre. À son départ, les réseaux sociaux se remplissent de messages de satisfaction, avant que le même scénario ne se reproduise avec son successeur.
Face à cette réalité, une prise de conscience collective s’impose. Le développement d’un pays repose sur l’unité de ses forces vives, et la jeunesse en est l’un des piliers essentiels. La réussite de la mission du ministre dépend aussi de la capacité des leaders de jeunesse à dépasser leurs intérêts personnels pour privilégier l’intérêt général.
Il est donc urgent que les leaders de la jeunesse fassent preuve de maturité, de responsabilité et de dépassement de soi. Accepter la diversité des opinions, soutenir les initiatives constructives et privilégier l’intérêt supérieur de la jeunesse constituent des exigences incontournables.
Car au fond, la véritable question n’est pas seulement de savoir qui dirige le ministère, mais de déterminer si la jeunesse est prête à accompagner durablement toute action allant dans le sens de son propre développement.
Sadou Koumaye/Dari Infos