Les femmes de Badara, héroïnes de l’approvisionnement de Sarh dans Moyen-Chari en produits de première nécessité
À une dizaine de kilomètres de la ville de Sarh, derrière le fleuve Chari, se trouve le village de Badara, une localité discrète mais essentielle pour la vie économique de Sarh.
Malgré les conditions de travail pénibles, les femmes de Badara jouent un rôle crucial dans l’approvisionnement en légumes et autres crudités de la ville, défiant chaque jour des obstacles majeurs pour subvenir aux besoins des habitants.
Badara est un village agricole où la terre fertile permet la production de légumes et autres crudités en grande quantité : gombo, tomates, aubergines et oignons.
Ces produits sont acheminés vers Sarh grâce aux efforts inlassables des femmes. Mais leur quotidien est marqué par des souffrances. Sans route praticable, ni moyens de transport modernes, ces femmes se lèvent à l’aube, chargent des pirogues de fortune, souvent petites et usées, et traversent le fleuve Chari dans des conditions précaires. « Nous faisons ce travail avec beaucoup de courage, mais c’est trop difficile, » a lancé l’une des femmes du village, les yeux remplis de fatigue.
« Nous n’avons pas de grosses pirogues, ni de moteur hors-bord. Chaque jour, nous risquons nos vies sur ce fleuve pour apporter des légumes à Sarh. Nous demandons aux autorités de nous venir en aide.» a-t-elle rencheri.
Malgré les difficultés, ces femmes ne baissent pas les bras. Cependant, leur appel est clair : elles sollicitent des pirogues plus grandes et des moteurs hors-bord pour faciliter le transport de leurs marchandises. Une aide qui pourrait non seulement alléger leur souffrance, mais aussi augmenter la quantité de produits livrés à la ville de Sarh.
Les femmes de Badara sont l’exemple vivant du courage et du sacrifice au service de la communauté. Leur contribution est essentielle pour la sécurité alimentaire de Sarh, mais elles restent dans l’ombre, oubliées des politiques publiques. Leur cri de détresse mérite une attention particulière des autorités, car soutenir ces femmes, c’est aussi soutenir l’économie locale.
Dénudé Ndilbe Appolinaire/Correspondant à Sarh