Les cadres du Tibesti appellent à la cessation des hostilités à Miski
Dans un appel rendu public le 19 octobre 2026 à N’Djaména, les cadres de la province du Tibesti ont exhorté les Forces de défense et de sécurité et le Comité d’autodéfense de Miski à mettre immédiatement fin aux hostilités. Ils demandent également l’application intégrale de l’accord de paix signé le 20 avril 2025 à Bardaï et proposent la création d’un cadre permanent de concertation pour prévenir de nouveaux affrontements.
Cette déclaration fait suite aux combats du 14 octobre dernier dans le département d’Emi-Koussi, qui ont opposé les deux parties et entraîné des pertes en vies humaines. Les signataires expriment leur compassion aux familles endeuillées et appellent les autorités compétentes à garantir une prise en charge médicale adéquate aux blessés, sans distinction.
Les cadres du Tibesti estiment que les affrontements successifs survenus à Miski depuis 2018 n’ont pas permis de résoudre les différends liés à la gestion des ressources aurifères. Ils considèrent, au contraire, que ces violences ont retardé le rétablissement de l’administration, de l’école et des services de santé dans le département d’Emi-Koussi, tout en aggravant les souffrances des populations civiles.
Les signataires réaffirment par ailleurs la nécessité de préserver l’autorité de l’État et appellent le Comité d’autodéfense de Miski à respecter ses engagements, tout en invitant le gouvernement à honorer les siens dans le cadre de l’accord de Bardaï.
Pour favoriser une paix durable, ils recommandent la mise en place d’un cadre permanent de concertation réunissant les autorités administratives et coutumières, les élus, les cadres, ainsi que les représentants des jeunes, des femmes et de la société civile. En coordination avec la commission de suivi du Médiateur de la République, cette instance aurait notamment pour mission de rechercher des solutions aux causes de la crise, de suivre l’application de l’accord de paix et de formuler des propositions sur l’application du Code minier et la formalisation des activités minières.
Enfin, les cadres du Tibesti condamnent les discours de division diffusés sur les réseaux sociaux et appellent les populations à privilégier le dialogue, la réconciliation et l’unité nationale. Ils estiment que la stabilisation de la province constitue une condition essentielle à la reprise du développement local.
L’appel est signé par Djiddi Allahi Mahamat, au nom des cadres, Abakar Sougoumi Chahai, pour les chefs traditionnels, Oumar Aboubakar Kelly, pour la société civile, Billah Hilly Koryc, pour les organisations féminines, et Youssouf Mahamat Fouzari, pour la jeunesse.