Le manque d’entretien des édifices publics, un défi persistant pour l’État

‎Au Tchad, de nombreux édifices publics souffrent d’un manque d’entretien chronique qui affecte leur fonctionnalité, leur sécurité et l’image qu’ils renvoient aux citoyens. Écoles, centres de santé, bâtiments administratifs, infrastructures sportives ou encore marchés publics présentent souvent des signes visibles de dégradation quelques années seulement après leur construction ou leur réhabilitation.

‎Dans plusieurs provinces du pays, il n’est pas rare d’observer des bâtiments publics aux murs fissurés, aux toitures endommagées, aux installations électriques défectueuses ou encore aux systèmes d’assainissement hors service. Cette situation interroge sur la gestion et la préservation du patrimoine public financé par les ressources nationales et les partenaires au développement.

‎Selon des observateurs, l’absence de programmes réguliers de maintenance constitue l’une des causes de cette dégradation. Bien souvent, les efforts sont concentrés sur la construction de nouvelles infrastructures, tandis que les budgets consacrés à leur entretien restent insuffisants, voire inexistants. Pourtant, les spécialistes s’accordent à dire qu’un entretien préventif coûte généralement moins cher qu’une réhabilitation complète ou une reconstruction.

‎Les conséquences de cette négligence sont multiples. Dans le secteur de l’éducation, des salles de classe dégradées peuvent affecter les conditions d’apprentissage des élèves. Dans les établissements sanitaires, la détérioration des bâtiments peut compromettre la qualité de l’accueil et des soins. Quant aux administrations publiques, elles peinent parfois à offrir un cadre de travail adéquat aux agents et aux usagers.

‎La dégradation prématurée des infrastructures entraîne des dépenses supplémentaires pour l’État, qui doit régulièrement mobiliser d’importantes ressources pour des travaux de réhabilitation. Des fonds qui pourraient être orientés vers d’autres secteurs prioritaires du développement.

‎Face à ce constat, plusieurs acteurs plaident pour l’instauration d’une véritable culture de maintenance des biens publics. Ils recommandent le renforcement des mécanismes de suivi et de contrôle, ainsi que la responsabilisation des gestionnaires des équipements publics.

‎La préservation du patrimoine public ne relève pas uniquement de la responsabilité de l’État, mais également de celle des collectivités, des gestionnaires et des citoyens. Assurer l’entretien régulier des édifices publics apparaît comme une nécessité pour garantir leur durabilité, améliorer les services offerts à la population et préserver les ressources publiques.

‎Alors que le Tchad poursuit ses efforts de modernisation et de développement des infrastructures, la question de leur entretien demeure un défi majeur qui mérite une attention particulière afin d’éviter que les investissements réalisés ne se dégradent prématurément.

Sadou Koumaye Dari infos

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