Le Barreau alerte sur la dégradation des droits humains et appelle au dialogue
Lors d’un point de presse tenu ce mardi 28 avril 2026 dans ses locaux sis à N’djari dans le 8e arrondissement de N’Djamena, le Barreau du Tchad a exprimé ses vives préoccupations face à la situation sécuritaire et aux atteintes aux droits humains dans le pays.
Prenant la parole au nom de l’institution, le Bâtonnier Me. ALLAH-RAMADJI NABAYE a rappelé le rôle fondamental du Barreau, attaché à la défense des droits fondamentaux et des libertés publiques.
Il a insisté sur l’importance du respect de l’État de droit, défini comme un principe selon lequel les autorités publiques sont elles-mêmes soumises à la loi, garantissant ainsi les citoyens contre toute forme d’arbitraire.
Le Barreau a réaffirmé son attachement à la Constitution tchadienne, adoptée par référendum le 17 décembre 2023 et promulguée le 23 décembre 2023, ainsi qu’aux engagements internationaux du pays en matière de droits humains. Toutefois, il déplore des pratiques actuelles jugées contraires à ces principes, évoquant des violations manifestes des textes fondamentaux.
Parmi les principales préoccupations soulevées figurent la recrudescence d’actes de violence, notamment des viols sur mineures, des conflits intercommunautaires meurtriers dans plusieurs localités comme Guereda (Wadi Fira) et Korbol, ainsi que des assassinats signalés à travers le territoire.
Le Barreau a également dénoncé la multiplication des enlèvements contre rançon dans les régions du Mayo-Kebbi et du Lac Tchad, ainsi que les infiltrations terroristes. Sur ce point, il a salué les efforts des Forces de défense et de sécurité dans la lutte contre ces menaces.
S’agissant des procédures judiciaires, l’institution s’inquiète du non-respect des règles encadrant les arrestations et interpellations. Elle rappelle que toute privation de liberté doit reposer sur une base légale claire et respecter les garanties prévues par la loi, notamment l’article 23 de la Constitution.
Le Barreau insiste sur le respect des droits fondamentaux des personnes interpellées, notamment le droit à un procès équitable, à l’assistance d’un avocat et à la présomption d’innocence.
Face à cette situation, l’institution appelle les plus hautes autorités de l’État à faire preuve de retenue et à privilégier le dialogue politique afin d’apaiser les tensions et préserver la stabilité du pays.
Enfin, le Barreau du Tchad réaffirme sa disponibilité à accompagner toute initiative visant à promouvoir la paix et la cohésion sociale, tout en poursuivant sa mission de défense de l’État de droit et des libertés publiques.
Maidjamon Marguerite