Dans leur traditionnel message de Noël rendu public le 12 décembre 2025, les Évêques de la Conférence Épiscopale du Tchad (CET), ont publié un message fort intitulé : « Pour une véritable réconciliation nationale » à l’issue de leur Assemblée Générale tenue à N’Djaména.
Dans leur message, les Évêques ont souligné que la réconciliation ne doit pas être un « simple slogan politique », mais un « processus exigeant basé sur la vérité, la justice et l’amour ». Ils ont rappelé que se réconcilier demande d’écouter l’autre et d’admettre ses torts.
Pour les Prélats Catholiques, le pardon mutuel est la base du vivre-ensemble. Ils ont ajouté que ce processus vise la « guérison des blessures » profondes de la société tchadienne.
Les Évêques ont dressé un bilan sans concession de la situation sociopolitique en soulignant un manque de respect de l’État de droit malgré la mise en place des nouvelles institutions, notamment le Sénat et le Parlement. Dans leur message, les Évêques ont déploré l’absence d’une réelle séparation entre le pouvoir judiciaire et l’exécutif, ont appelé à une « armée réellement républicaine » et critiqué les promotions abusives.
Pour marquer cette volonté de pardon, les Prélats Catholiques ont explicitement demandé au Président de la République, d’amnistier ceux qu’ils ont qualifiés des « prisonniers politiques ». Selon eux, cet acte de clémence est nécessaire pour « ouvrir une ère de pardon » et refonder la cohésion nationale entre les filles et fils du Tchad.
Enfin, les Pasteurs de l’Église Catholique du Tchad ont exhorté les fidèles à ne pas gaspiller leurs revenus dans des plaisirs incontrôlés, avoir une pensée et des gestes concrets de partage pour les démunis, les réfugiés et les victimes de violences, être des « ambassadeurs du Christ » en luttant contre « la corruption et l’injustice ».
Il faut rappeler que le message des Évêques, qui se veut comme un appel spirituel et une interpellation citoyenne sur l’état du pays, s’inscrit dans la continuité des années précédentes, comme celui de 2024 sur la « Dignité Humaine » ou de 2023 sur la « Justice », confirmant le rôle de médiateur social que l’Église catholique tente de jouer au Tchad.
Pansi Crépin Karbo/Dari Infos