Processus de mise en place d’un nouveau cadre de dialogue politique, le GCAP decline l’offre et exige un dialogue sincère
La plateforme de l’opposition denommée Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP) dont Max Kemkoye de l’UDP en est le porte-parole, a fait le bilan de gestion du MPS et lance à nouveau, l’appel à un dialogue politique sincère, lors d’un point de presse organisé, ce 7 mai au siège du Parti Les Patriotes, au quartier Bololo.
L’objectif était de clarifier les exigences politiques du Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GECAP), suite à la main tendue du Président de la République, Mahamat Idriss Deby Itno.
Deux jours après la réunion de certains dirigeants de partis politiques avec le Président de la République, le GCAP renvoie dos à dos le pouvoir et l’opposition de « circonstance » ou de « dimanche », entendant par là, celle qui n’a pas principes et de valeurs à défendre.
D’entrée de jeu, le communiqué relève que le bilan d’un an du Président Mahamat Idriss Deby est un échec, malgré le « triomphalisme » affiché du MPS et la « caporalisation » des institutions de « contre-pouvoir » à savoir l’Assemblée Nationale et le Sénat. Pour le Porte-Parole du GCAP, Max Kemkoye, c’est pour sauver la face que Mahamat Deby cherche à mettre en place un nouveau cadre de dialogue politique.
A terme, il s’agit d’afficher aux yeux du monde, un « semblant de consensus politique à travers un jeu de majorité- opposition fallacieux, destiné à consolider un pouvoir en mal de légitimité » a-t-il lancé. « Puisque qu’il est question d’avoir un organe paritaire, composé en partie de la supposée majorité et en partie de l’opposition afin que chaque fois qu’il y a de besoin, ce après avoir fait infiltrer son opposition au rang de l’opposition de principe. Et s’il arriverait qu’il y a des sujets clivants ou majeurs, son opposition infiltrée votera en faveur de la supposée majorité et contre l’opposition. Et l’on dira par la suite que c’est la classe politique dans son ensemble qui a décidé. Ainsi, le tour est joué. De plus, il suffirait que le GCAP consent à ce cadre et la question de l’illégitimité est réglée. », a affirmé Max Kemkoye.
Les membres du GCAP en veulent pour preuve, le refus délibéré du MPS et de son Président d’aborder les priorités actuelles comme la sécurité, la cohésion sociale, les droits de l’Homme et la sécurité alimentaire, avec l’opposition. L’agenda du nouveau du nouveau cadre politique n’est pas aussi clair, sur fond de violation chronique des dispositions de la constitution.
Toutefois, le GCAP qui se réclame la seule opposition crédible aujourd’hui, se dit prêt à un dialogue politique si son objectif est de trouver des solutions durables à l’amélioration des conditions de vie des Tchadiens. « Si le système s’est rendu compte de l’instabilité actuelle du pays et de son pouvoir qui ne tient qu’à un fil et qu’il y a des problèmes politiques majeurs dont ni l’Assemblée nationale et le Sénat dans lesquels siègent des personnes nommées et non élues ne sont capables de résoudre, la voie royale pour un apaisement politique général et la stabilité devant instaurer la confiance des Tchadiens aux institutions demeure ni plus ni moins l’ouverture d’un dialogue politique sincère. Et si c’est le cas, le GCAP et ses partenaires sont prêts à y participer. », précisent les membres. Ils exigent, sur le modèle nigérien de refondation des années 2010, la mise en place d’un cadre indépendant, non inféodé au Président de la République.
Pour le moment, le MPS n’a pas encore réagi à cette communication du GCAP. Tout comme l’interview du leader du FACT accordée au média sénégalais Dakartimes et qui porte sur les mêmes revendications de dialogue et de gestion publique. Les jours à venir nous le diront.
Succès Ngarpolo