DHSF s’inquiète d’une « série de décès en détention à Pala » et appelle à des enquêtes indépendantes

Droits de l’Homme Sans Frontières (DHSF) a exprimé sa « profonde inquiétude » face à la multiplication de décès survenus récemment en détention à la maison d’arrêt de Pala et dans des brigades environnantes, dans des circonstances jugées « opaques » et sans communication officielle jugée crédible à l’endroit des familles.

Selon le communiqué de l’organisation signé par son Président Layibé Tourdjoumane en date du 13 mai 2026, plusieurs personnes privées de liberté seraient décédées ces dernières semaines, notamment après leur transfert ou leur placement en détention.

Parmi les cas cités figurent le chef de village Djérandouba Médard, décédé le 21 avril 2026, ainsi que son secrétaire Djémbodé Salomon, décédé dans la nuit du 4 au 5 mai 2026. DHSF mentionne également les cas de Malachie Djékainkoula, de Nassourou Nathan (19 ans), décédé le 22 avril 2026 selon des sources internes à la suite d’une hémorragie nasale, d’un détenu interpellé à Goumadji, ainsi que de Vadmi Koi, chauffeur, décédé le 12 mai 2026 à la brigade de Kouarayadje.

L’organisation indique par ailleurs d’autres décès récents, notamment celui d’Oumarou Mahamadou (20 ans), le 12 mai 2026, et de Goni Ramadan (24 ans), le 3 mai 2026, qu’elle considère comme aggravant la situation.

Face à ces événements, DHSF dénonce l’absence de transparence sur les causes des décès, des insuffisances présumées dans la prise en charge médicale des détenus, ainsi que des conditions de détention susceptibles de porter atteinte à la dignité et au droit à la vie.

L’organisation rappelle que ces faits seraient contraires aux obligations internationales du Tchad, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (articles 6 et 7), la Convention contre la torture, ainsi que la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.

Elle invoque également les Règles Mandela relatives au traitement des personnes détenues, notamment en matière d’accès aux soins.

DHSF appelle les autorités à prendre des mesures urgentes, notamment l’ouverture d’enquêtes indépendantes, impartiales et transparentes sur chaque décès, l’amélioration de l’accès aux soins en détention — y compris pour les maladies chroniques —, ainsi que la prise de sanctions disciplinaires et judiciaires contre tout agent impliqué, le cas échéant.

Enfin, l’organisation condamne fermement ces faits, exprime sa solidarité avec les familles des victimes et avertit que, sans mesures rapides et transparentes, la responsabilité de l’État pourrait être engagée au regard de ses engagements nationaux et internationaux en matière de droits humains.

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