Le Président du Parti Les Démocrates et membre du Groupe de Concertation des Partis Politiques (GECAP) a laissé éclater une énième colère contre ce qu’il a qualifié de la « mauvaise gestion publique » au Tchad lors de la présentation d’un mémorandum le 20 septembre dernier par le GCAP dont il est membre.
Cette fois-ci, il a mis l’accent sur la hausse chronique des importations qui fait peser une menace réelle sur l’économie nationale. Nous expliquons.
Le Tchad est une économie libérale. Cette ouverture ne s’accompagne pas d’une compétitivité commerciale. Le pays reste au contraire un marché de consommation dans le jeu des échanges. La faible part d’exportation dans les chaines d’approvisionnement pétrolier, minière et agricole se fait sans forte valeur ajoutée. Les principales catégories d’importations concernent les produits alimentaires, principalement le riz, le sucre et les huiles végétales, les produits pharmaceutiques, le matériel de transport. Pour compléter ce tableau, le Tchad continue d’importer les produits pétroliers malgré la production locale, susceptible d’augmenter, avec la découverte de nouveaux gisements.
En 2023, les importations ont augmenté de 26,21 %, atteignant 6,32 milliards USD, soutenues par une reprise économique et une augmentation des prix des biens importés. Ce montant a légèrement baissé en 2024 sans casser la dynamique haussière post-covid 19.
Les perspectives 2025 indiquent une même dynamique.
En règle générale, les importations même en petite quantité coûtent plus chères que les exportations en grande volume. Le chef du parti Les Démocrates dénoncent un modèle économique qui réduisent considérablement le pouvoir d’achat des ménages parce qu’en l’absence du contrôle des prix, les opérateurs économiques en font à leur tête. Dans le pire des cas, ils bénéficient de la rente des subventions de l’Etat par rapport aux produits de première nécessité. Le volume des importations qui ne cessent de croitre est une menace réelle pour les producteurs locaux, individuels ou sociétaires. Sur le plan macro-économique, il y a une pression sur les réserves de change bien que les réserves de change qui ne couvrent que 4,8 mois d’importations, restant en deçà de l’objectif de 5 mois recommandé pour une union monétaire riche en ressources.
La réaction du Professeur Avoksouma Djona est une alerte sur l’alimentation délibérée de l’insécurité alimentaire, la vulnérabilité structurelle du pays aux chocs extérieurs, la hausse incontrôlée des prix, la hausse des inégalités économiques et sociales. C’est une perte de la souveraineté économique.
Ce déficit commercial avec l’extérieur pourrait se poursuivre avec la baisse des prix du brut du pétrole et l’orientation économique stratégique du gouvernement basé sur la consolidation de l’exploitation du pétrole et la valorisation minière sans transformation locale en amont et en aval. Les autres secteurs comme l’agriculture, le tourisme et l’élevage semblent trouver un écho auprès des autorités mais sans fort engagement politique. Tout dépendra de la mobilisation des ressources pour le Plan National du Développement (PND) et du Document de Programmation Pluriannuel de Dépenses.
Succès Ngarpolo/Dari Infos