Les principaux points du rapport de la commission spéciale de la révision technique de la Constitution adopté par les députés
Le 15 septembre 2025 au Palais de la Démocratie à Gassi dans le 7e arrondissement, les Députés de la mouvance présidentielle dirigés par le MPS ont approuvé à une majorité écrasante la première révision constitutionnelle de la 5eme République. Ce qui était annoncé comme une modification ciblée d’un seul article a donné lieu à plusieurs réformes majeures.
Pour anticiper la polémique, la proposition de loi portant modification constitutionnelle a prévu de retoucher un seul article dans le but de rendre le statut du Président de la République compatible avec celui de Chef de parti du MPS. Cela servi de cheval de Troie pour faire passer des changements inavoués au départ.
L’une des modifications innatendues de cette révision constitutionnelle adoptée par les Députés de la majorité est la prolongation du mandat présidentiel. Désormais le mandat du Président de la République passe de cinq (05) à sept (07) ans. Autre réforme majeure, c’est la suppression de la limitation des mandats. La révision constitutionnelle ne limite plus le nombre de mandats qu’une personne peut accomplir dans la fonction présidentielle . Alors que la constitution adoptée par référendum en 2023, avait opéré un retour à deux (02) mandats présidentiels non renouvelables.
Dans la foulée, les Députés se sont accordés un an de plus dans leur mandature, passant de 05 à 06 ans.
Les Députés de l’opposition notamment du RNDT le Réveil et du MNCT qui ont boycotté la séance, ont dénoncé un projet de « Présidence à vie » pour le chef de l’État. En refusant de participer à l’adoption du projet, les Députés ont indiqué se tenir du côté du peuple.
Les 171 voix favorables à l’hémicycle ont aussi voté pour la consécration du poste d’un Vice-premier Ministre, une première dans la pratique politique du Tchad. Une autre innovation constitutionnelle est la poursuite judiciaire des membres du gouvernement devant les tribunaux de Droit commun.
Si du côté du MPS et de ses alliés, cette révision constitutionnelle s’inscrit dans l’ordre normale des choses, l’opposition et plusieurs acteurs de la Société Civile y voient une légèreté notoire dans la gestion publique.
Pansi Crépin Karbo/Dari Infos