La scène diplomatique internationale s’accélère à l’approche de l’échéance du 1er janvier prochain.

Lundi 2 mars, le Burundi a officiellement présenté la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) pour succéder à António Guterres.
Une annonce qui repositionne l’ancien président sénégalais au cœur du jeu diplomatique mondial — mais qui soulève également des interrogations.

Une candidature africaine aux ambitions globales

Après douze années à la tête du Sénégal, Macky Sall met en avant son expérience politique, son engagement pour le multilatéralisme et son plaidoyer constant en faveur du continent africain, notamment sur les enjeux climatiques, la dette et la réforme des institutions financières internationales.

Dans un contexte où la question de l’alternance géographique revient avec insistance, certains estiment que l’Afrique pourrait légitimement briguer ce poste stratégique. Le continent n’a plus dirigé l’ONU depuis plusieurs décennies. La candidature de Macky Sall s’inscrit donc dans cette dynamique de rééquilibrage.

Une course déjà concurrentielle

L’ancien chef d’État sénégalais rejoint une liste de prétendants déjà déclarés :
Michelle Bachelet, ex-présidente du Chili, figure reconnue des arènes multilatérales ;
Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, diplomate aguerri aux dossiers sensibles.

La désignation du futur Secrétaire général dépendra toutefois des équilibres au sein du Conseil de sécurité, où les cinq membres permanents disposent d’un droit de veto décisif.

Une question qui interpelle : pourquoi le Burundi ?

Mais au-delà de l’annonce, une interrogation s’impose : pourquoi cette candidature n’a-t-elle pas été officiellement portée par le Sénégal lui-même ?

Dans les usages diplomatiques, il est fréquent qu’un État tiers présente la candidature d’une personnalité internationale afin de lui conférer une dimension plus consensuelle et moins nationale. Une telle démarche peut également traduire une stratégie d’élargissement des soutiens, en évitant que la candidature ne soit perçue comme exclusivement adossée à des intérêts nationaux.

Reste que cette configuration nourrit les spéculations. S’agit-il d’un calcul diplomatique mûrement réfléchi ? D’un signal politique interne au Sénégal ? Ou d’un positionnement stratégique visant à maximiser les chances dans une course où les alliances comptent davantage que les déclarations publiques ?

Un enjeu mondial déterminant

À l’heure des crises multiples — conflits armés, instabilités géopolitiques, urgence climatique, fracture Nord-Sud — le prochain Secrétaire général devra incarner bien plus qu’une fonction administrative. Il devra redonner souffle et crédibilité à un multilatéralisme mis à rude épreuve.

La candidature de Macky Sall, portée par le Burundi, ouvre ainsi un débat diplomatique autant qu’un questionnement politique. Dans les coulisses de New York, la bataille ne fait que commencer.

La rédaction Dari Infos

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