L’Association des Jeunes pour la Sensibilisation Socio-éducative et Culturelle (AJESSEC), en collaboration avec le Centre de Formation Professionnelle, des Métiers et d’Appui Scolaire (CEFPAMS) Academy a organisé ce jour 23 juillet 2025 dans ses locaux une conférence-débat placée sous le thème : « La justice tchadienne » à l’attention des jeunes.
Cette conférence-débat animée par Pr Ahmat Mahamat Hassan, ancien Ministre de la Justice et Constitutionnaliste et Me Aguide Messie, Dr en Droit des Affaires et Avocat à la Cour, vise à faire comprendre aux participants les tenants et les aboutissants de la justice au Tchad.
Dans ses explications, Pr Ahmat Mahamat Hassan a indiqué que la justice tchadienne est encore traditionnelle et la seule à n’avoir pas un code civil. Selon lui, la justice tchadienne est dominée par les « pratiques traditionnelles et très souvent, cette justice est instrumentalisée et arbitraire ».
Pour lui, la justice repose sur le droit mais le Tchad « balbutie dans l’instabilité ». Illustrant ses propos avec les différents accords communautaires de paix entre les communautés au détriment de la justice, Pr Ahmat Mahamat Hassan a regretté la pratique de la justice au Tchad qui reflète « l’état actuel du pays ».
Me Aguide Messie a quant à lui, défini la justice comme un facteur de droit avant d’ajouter que la justice tchadienne est « malade », car elle est gangrenée par de nombreux maux tels que son difficile accès par les citoyens, la corruption et bien d’autres pratiques. Selon lui, la justice tchadienne n’existe qu’en théorie et elle est incomprise par les Tchadiens.
Se prononçant sur les défis de la justice tchadienne, Me Aguide Messie a souligné la nécessité d’une justice équitable pour tous, le recyclage des anciens textes, la simplification des procédures judiciaires, le recrutement des juristes, la gratuité de la justice pour l’ensemble de Tchadiens. Pour lui, ce n’est qu’en mettant en œuvre ces différents défis que l’on pourrait guérir la justice tchadienne qu’il a qualifiée de « malade » afin qu’elle puisse redevenir une « justice véritable ».
Aux préoccupations des participantes et participants relatives à la pratique, aux maux, à une véritable justice au Tchad ainsi qu’aux sujets d’actualité autour de la justice, Pr Ahmat Mahamat Hassan et Me Aguide Messie ont apporté des réponses claires et précises tout en proposant des solutions devant conduire à la séparation du pouvoir afin de rendre à la justice tchadienne ses lettres de noblesse car selon eux, la justice au Tchad est « privée ».
Il est à noter que des attestations de reconnaissance ont été remises aux deux (02) panelistes.
Pansi Crépin Karbo/Dari Infos