La loi portant interprétation de la loi d’amnistie de mars 2024 adoptée après 10 heures des débats houleux à l’Assemblée Nationale du Sénégal.
Après 10 heures de débats houleux et Intenses, la loi portant interprétation de la loi d’amnistie de février 2024 portée par les actuelles autorités sénégalaises a été adoptée ce 02 avril 2025 par une large majorité à savoir 126 voix pour et 20 contre.
Pour les autorités sénégalaises, cette loi vise à clarifier le champ d’application de la loi d’amnistie de mars 2024 ayant conduit à leur libération de prison. Cette loi exclut de manière spécifique le champ de l’amnistie des infractions criminelles, notamment les tortures, les actes de barbarie, les meurtres, les assassinats, les disparitions forcées et l’utilisation de nervis armés.
Pour le parti PASTEF du duo Diomaye-Sonko, la loi portant interprétation de la loi d’amnistie, vise à garantir que les auteurs de crimes graves ne bénéficient pas de l’amnistie de mars 2024 promulguée par le Président de l’époque, Macky Sall, tout en maintenant « l’objectif de réconciliation nationale » entre les filles et fils du pays de la Téranga. Cependant, des préoccupations ont été soulevées quant à l’inclusion potentielle de crimes graves dans le champ de l’amnistie, d’où la nécessité de cette loi d’interprétation, justifie le PASTEF montrant ainsi sa volonté de lutter contre l’impunité.
La loi d’amnistie de mars 2024 qui visait à apaiser les tensions politiques liées aux événements survenus entre février 2021 et février 2024, a suscité des réactions contrastées, notamment des organisations de la société civile et de défense des droits de l’homme appelant à son abrogation totale.
Les opposants à cette loi interprétative, notamment les députés de l’ancien régime, ont fustigé cette initiative du PASTEF, dénonçant « une justice sélective, une justice 2 poids 2 mesures ». Pour eux, cette loi interprétative servirait à juger seulement les forces de l’ordre et innocenter toutes celles et tous ceux qui sont impliqués dans les pillages et les saccages des biens publics et privés.
Il faut noter que cette loi interprétative portée par le PASTEF précise que l’amnistie ne s’applique qu’aux infractions ayant une motivation politique et exclut les actes de violence graves, quels que soient les auteurs.
Pansi Crépin Karbo / Dari Infos