À l’approche de la fête de Tabaski, l’effervescence est palpable à Sarh, notamment au marché de bétail situé en périphérie de la ville au quartier Badi dans le 5ème arrondissement. Mais derrière cette agitation apparente, vendeurs comme acheteurs tirent la sonnette d’alarme.
Ce matin du 5 juin 2025, le marché a connu une affluence timide. Si les étals sont bien fournis en moutons, béliers et chèvres, les transactions, elles, peinent à décoller. « Il n’y a pas de marché cette année », déplorent les commerçants venus des différentes horizons. « Les gens viennent, regardent, discutent les prix, mais peu achètent. On est là depuis trois jours, et je n’ai vendu que deux moutons » à lancé un des commerçants.
Du côté des acheteurs, le constat est tout aussi amer. « Les prix sont trop élevés. Un bélier qu’on achetait à 80 000 FCFA l’an dernier coûte aujourd’hui 100 000 à 120 000 FCFA. C’est devenu un luxe » a déploré Oumar.
Le grand marché de la ville de Sarh n’est pas du reste. Une mère de famille venue faire ses achats pour la fête pointe du doigt l’augmentation systématique des prix à l’approche de chaque Tabaski, une tendance devenue presque traditionnelle mais difficile à supporter pour les ménages.
Les commerçants, eux, justifient cette hausse par les coûts de transport, la rareté du bétail dans certaines zones, et l’augmentation du prix de l’aliment pour bétail. « On ne peut pas vendre à perte », explique un autre vendeur. « Nous aussi, on souffre. Il faut nourrir les bêtes pendant plusieurs semaines, les amener jusqu’ici. Et s’il n’y a pas de clients, on rentre bredouille. »
Malgré tout, l’espoir reste de mise. Les commerçants comptent sur un sursaut d’achats à la veille de la fête, même si les acheteurs disent attendre une éventuelle baisse de dernière minute.
La Tabaski, moment de partage et de solidarité, se retrouve ainsi confrontée à une réalité économique difficile, où chacun tente de faire face aux contraintes tout en respectant les traditions.