Le Président Félix Tshisekedi ouvre la porte à une révision constitutionnelle et évoque un possible report de la présidentielle
Le Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, s’est exprimé ce mercredi 6 mai 2026 à Kinshasa devant près de 200 journalistes nationaux et internationaux sur plusieurs questions politiques majeures, notamment la révision de la Constitution et la tenue de l’élection présidentielle prévue en 2028.
Interrogé sur les appels à une modification de la Constitution portés par des militants de l’UDPS, son parti politique, le chef de l’État congolais a reconnu que cette question était « sur la table », sans toutefois annoncer de projet officiel de réforme. Félix Tshisekedi a justifié cette réflexion par les défis institutionnels et sécuritaires auxquels fait face la RDC, en particulier la persistance du conflit armé dans l’Est du pays.
Le Président congolais a affirmé que toute éventuelle réforme constitutionnelle devrait respecter les procédures légales et faire l’objet d’un débat inclusif, écartant ainsi toute idée de passage en force. Le partenariat stratégique soumis à ratification à l’Assemblée nationale le 13 avril dernier nourrit également les spéculations autour d’une réforme institutionnelle plus large.
Concernant un éventuel report de la présidentielle de 2028, Félix Tshisekedi n’a ni confirmé ni démenti les rumeurs. Il a toutefois indiqué que la priorité demeurait la pacification du pays et la restauration de l’autorité de l’État dans les provinces de l’Est, notamment au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, laissant entendre que le contexte sécuritaire pourrait influencer le calendrier électoral.
Plusieurs observateurs relèvent que le Président congolais a abordé ces questions avec prudence, renvoyant aux institutions compétentes la responsabilité de fixer les échéances électorales. De leur côté, l’opposition et plusieurs organisations de la société civile redoutent un éventuel glissement du calendrier électoral, qui pourrait être justifié par la situation sécuritaire dans l’Est du pays.
Cette sortie médiatique intervient dans un climat politique tendu, marqué notamment par les dénonciations d’arrestations d’opposants par la Conférence Épiscopale Nationale du Congo ainsi que par les tensions persistantes entre Félix Tshisekedi et son prédécesseur, Joseph Kabila.
Au cours de cette conférence de presse, le Président congolais a également défendu son bilan en mettant en avant les performances économiques de son gouvernement et les efforts engagés dans la lutte contre la corruption.