Alors que les acteurs du développement s’accordent sur le rôle accélérateur des solutions technologiques dans la lutte contre la pauvreté, la Banque Africaine de Développement fait un pas de géant. Elle a mis en place une solution innovante pour la gestion efficace des projets en faveur des populations. Plus de la moitié des pays africains ont adopté cet outil mais le Tchad est pour le moment en marge de cette révolution. Pourtant, il est confronté à de véritables problèmes de maximisation des projets.
La Namibie est le dernier pays en date à adopter la solution numérique proposée par la Banque Africaine de Développement à ses Etats membres régionaux. Cela porte à 37 le nombre des Etats bénéficiaires. C’est une technologie multifonctionnelle qui modernise la gestion des projets et accélère l’atteinte des résultats.
RASME signifie Remote Appraisal, Supervision, Monitoring and Evaluation. En francais, c’est apprécier les projets, superviser leur mise en œuvre, suivre leur avancement sur le terrain (collecte de données, images, géolocalisation), et évaluer leurs résultats. RASME s’appuie sur des technologies de l’information et de la communication (TIC) : smartphones, tablettes, GPS, outils de collecte numérique, plateformes de traitement de données ; parfois sur des images satellites ou drones pour certaines évaluations. C’est une plateforme / solution numérique que la BAD déploie pour améliorer le suivi, la supervision, l’évaluation et le contrôle des projets de développement. Elle permet de collecter des données en temps réel depuis le terrain (y compris des zones difficiles d’accès), sous diverses formes : texte, photos, vidéos, données géolocalisées, images satellites ou aériennes. L’objectif est d’accroître la transparence, la redévabilité, l’efficacité, la rapidité dans la mise en œuvre des projets et d’améliorer la prise de décision fondée sur des données fiables.
Avant cette technologie, le suivi et l’évaluation du porfeuille des projets de la BAD étaient coûteux en finances, en énergie et en temps. Les équipes de la BAD et des autorités nationales devaient se rendre sur les sites de projet pour observer, interviewer et remplir des fiches. Les données étaient recueillies à la main, puis saisies plus tard dans un ordinateur. Les partenaires de mise en oeuvre des projets financés par l’institution panafricaine devaient envoyer périodiquement des rapports (souvent en format papier ou Word/PDF). Avec le RASME, les données sont collectées en réel pour apprécier les résultats des projets.
Le manque d’implémentation de cette solution au Tchad, qui a plus que besoin d’une telle technologie interroge. Etant un pays d’inondations, certains sites de projets sont inaccessibles en saison de pluie. L’équipe conjointe de la BAD et du Tchad sont obligés d’ajourner des agendas de suivi et d’évaluation. RASME est une solution qui ne contourne pas seulement l’obstacle lié aux inondations mais d’autres problèmes structurels liés à la gestion des projets au Tchad. L’intérêt pour le pays est surtout la transparence que RASME peut produire, en ce temps de corruption et de détournement de deniers puiblics quasi-généralisés.
Succès Ngarpolo/Dari Infos