Médias : célébration de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes ce 2 novembre
Le monde célèbre, ce lundi 2 novembre 2026, la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes. Instituée en 2013 par l’Assemblée générale des Nations unies, cette journée rend notamment hommage à Ghislaine Dupont et Claude Verlon, deux journalistes de Radio France Internationale (RFI) assassinés le 2 novembre 2013 à Kidal, au Mali.
Treize ans après ce double assassinat, la situation demeure préoccupante. Selon les données de l’UNESCO, près de neuf crimes commis contre des journalistes sur dix restent impunis dans le monde. Assassinats, enlèvements, tortures, arrestations arbitraires et intimidations continuent de menacer les professionnels des médias dans l’exercice de leur métier.
Au Tchad, la liberté d’expression et la liberté de la presse sont garanties par la Constitution de la 5e République. Toutefois, leur exercice reste confronté à plusieurs difficultés. Au cours des douze derniers mois, des organisations de défense de la liberté de la presse, dont Reporters sans frontières (RSF), ont documenté des cas d’intimidations, de convocations et d’interpellations visant des journalistes et des correspondants de presse, notamment en province.
Les journalistes qui traitent de questions sensibles liées à la gouvernance locale et à la gestion des affaires publiques s’exposent parfois à des pressions. Dans ce contexte, la crainte de représailles pousse certains professionnels à pratiquer l’autocensure, au détriment du droit des citoyens à une information libre et pluraliste.
Pour l’UNESCO, l’impunité dépasse le préjudice subi par les victimes et leurs familles. Elle fragilise également la liberté de la presse et le fonctionnement démocratique des sociétés. Lorsque les auteurs de violences contre les journalistes ne sont ni identifiés ni poursuivis, ces actes contribuent à installer un climat de peur et d’intimidation au sein de la profession.
À l’occasion de cette journée, l’appel est donc adressé aux autorités judiciaires et administratives afin que les menaces, agressions et autres crimes commis contre les journalistes fassent systématiquement l’objet d’enquêtes indépendantes, rapides et impartiales. L’identification et la poursuite des auteurs constituent des conditions essentielles pour lutter contre l’impunité.
Au Tchad, les professionnels des médias attendent notamment l’application effective des textes garantissant la liberté de la presse, le renforcement des mécanismes de protection des journalistes et la fin des pratiques susceptibles d’entraver leur travail.
La protection des journalistes ne relève pas uniquement de la défense d’une corporation. Elle constitue une exigence démocratique, car la sécurité des professionnels des médias conditionne leur capacité à informer librement et à contribuer au débat public.
Pansi Crépin Karbo / Dari Infos