Le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Passalé Kanabé Marcelin, a effectué une mission de terrain le 23 janvier 2026 à Moundou dans la province du Logone Occidental afin d’évaluer l’état des infrastructures hydrauliques et énergétiques, dans un contexte marqué par une crise d’approvisionnement en électricité et des difficultés persistantes d’accès à l’eau potable.
À son arrivée, le ministre et sa délégation ont été accueillis par le Délégué général auprès de la province, Dago Yacouba. Au gouvernorat, les responsables techniques de la Tchadienne d’Électricité (Tchadelec), de la Société Tchadienne des Eaux (STE) et le délégué régional du ministère ont présenté un état des lieux détaillé des installations existantes. La mission s’est poursuivie par des visites des sites d’exploitation de la STE et de la centrale électrique de Bélaba.
Une crise énergétique liée à des défaillances techniques
Selon les informations communiquées aux autorités, la crise énergétique que connaît la ville de Moundou depuis plus d’un mois est d’origine technique. Elle est consécutive à l’arrêt de la turbine à gaz DENALI de la centrale de Bélaba, d’une capacité de 3,5 MW, ainsi qu’à une panne survenue à la centrale à gaz de PERENCO, d’une puissance de 1,3 MW.
Ces défaillances ont entraîné une perte de capacité de production estimée à 3,5 MW. Les groupes électrogènes de secours actuellement disponibles ne permettent pas de compenser ce déficit, en raison de leur vétusté et de leur capacité limitée.
Des mesures d’atténuation sont en cours. Toutefois, les équipes techniques ont signalé des besoins prioritaires, notamment un appui en carburant et en maintenance pour assurer un service minimum, ainsi qu’une réflexion sur la diversification des sources d’énergie à moyen et long terme pour la ville de Moundou.
Accès à l’eau potable : un taux de desserte insuffisant
En matière d’hydraulique, la province du Logone Occidental fait face à un déficit structurel d’accès à l’eau potable. Le taux de desserte est estimé entre 50 et 60 %, ce qui représente une population desservie comprise entre 583 367 et 700 041 habitants, sur une population totale évaluée à 1 166 735 habitants.
La province compte 61 adductions d’eau potable (AEP et mini-AEP), principalement destinées aux centres semi-urbains et aux grands villages. Parmi ces infrastructures, 63,93 % sont fonctionnelles, tandis qu’environ 35 % sont en panne ou à l’arrêt.
Les causes des dysfonctionnements recensés concernent principalement les pannes de pompes, les fuites sur les réseaux, l’insuffisance de carburant, les difficultés de gestion des ouvrages, ainsi que le refus de certaines populations de recourir à l’eau potable.
Réponse institutionnelle attendue
Prenant acte de ces constats, le ministre de l’Eau et de l’Énergie a indiqué que son département demeure mobilisé pour apporter des solutions durables. Il a évoqué les réformes en cours dans le secteur, notamment les perspectives de réorganisation et de privatisation de certaines structures, tout en soulignant la nécessité d’un suivi permanent des infrastructures.
Le ministre a enfin rappelé l’orientation fixée par le Chef de l’État, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, visant à garantir un accès équitable et durable à l’eau potable et à l’énergie sur l’ensemble du territoire national.