Le Tchad face aux défis du financement des infrastructures
Officiellement, le gouvernement multiplie les coopérations et accords multilatéraux pour la construction des infrastructures dans les domaines sociaux, les transports et de la production. Trouver les ressources financières est un catalyseur. Mais avant cela, le gouvernement doit relever les défis de processus qui va de l’attractivité des investisseurs l’épargne à la gouvernance.
Les défis devant le Tchad en matière d’infrastructures sont nombreux.
Le premier reste le partage et la réduction de risques pour les investissements. Les infrastructures sont un domaine d’investissement de long terme dont la rentabilité peut traverser plusieurs gouvernements. Un domaine de prédilection pour les investisseurs institutionnels. Cela demande des régimes politiques avec une tradition démocratique et des régimes juridiques stables. C’est pourquoi le gouvernement doit travailler à la stabilité politique par le traitement pacifique des revendications politiques, économiques et sociales des différents acteurs. Il permet d’afficher un consensus et de rassurer les investisseurs. Lorsque cela n’est pas possible, le gouvernement bénéficiera de peu d’investissement privé national et étranger et à coût élevé en guise de rémunération du risque.
Aujourd’hui, les investisseurs sont plus qu’exigeants. C’est pourquoi en plus de l’amélioration de la gouvernance, le gouvernement doit créer un fonds alimenté par les recettes intérieures, destiné à prendre part dans des investissements à risques élevés et envisager par la suite une stratégie de sortie. Cette approche permet de faire supporter à l’Etat l’échec éventuel de projets d’investissement et préserver les investisseurs privés. Créer le Fonds Spécial de Préparation des Projets d’Infrastructures sans création d’une taxe spéciale ne permet pas de réussir ce partage de risque et de réduction de risques.
Le deuxième défi reste la bonne gouvernance. La construction des infrastructures fait appel aux marchés publics de travaux publics, de prestations intellectuelles et de services. Au Tchad, la mise en œuvre de ces marchés suscitent les convoitises dans toute la chaine de gestion publique. L’autorité contractante, l’attributaire et les services financiers et administratifs exigent des retro commissions et des pots de vin sans tenir compte des critères d’efficacité et d’efficience. Le manque de transparence qui entoure l’attribution et l’exécution des marchés décourage les grands investisseurs. Ceux-ci, à la différence des autres entreprises au faible pouvoir de négociation, n’ont pas besoin d’acheter les faveurs des autorités pour un projet d’investissement. Beaucoup de projets d’investissement dans le cadre du partenariat public-privé, portés par les Américains, les Européens, les Asiatiques sont restés dans les valises à cause de cette pratique mafieuse de des administrateurs. L’autorité de lutte contre la corruption mise en place a un rôle déterminant à jouer dans l’assainissement du secteur des infrastructures.
L’autre défi et non des moindres est de créer un marché de consommation des infrastructures. Si les infrastructures comme les routes et les ponts sont construits, elles doivent recevoir un trafic suffisant pour générer les redevances à l’effet d’assurer le retour sur investissement pour les opérateurs. Ces marchés consistent à favoriser la diversification économique par la production, la transformation et la distribution dans tous les secteurs d’activités. C’est l’une des raisons de répulsion des investisseurs en ce moment. Le ministère des infrastructures et du désenclavement doit travailler en synergie avec le ministère du commerce et de l’industrie sur cet aspect.
Le défi du suivi et de l’évaluation permet de rendre compte de l’avancement de tous les projets d’infrastructures et de prendre des mesures correctives. Sans ces deux maillons d’exécution de projets, tous ceux qui ont l’habitude de détourner les ressources publiques de construction d’infrastructures ne laisseront aucune initiative prospérer pour au profit de l’intérêt général.
La Rédaction Dari Infos