Le président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, a réagi à la polémique née après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant le ministre de la Sécurité publique tenant des propos critiques à l’égard de certains actes de magistrats.

‎Cette sortie intervient après l’Assemblée générale des magistrats tenue le 26 mai 2026, au cours de laquelle ces derniers ont annoncé le maintien des poursuites contre le ministre et appelé le chef de l’État à garantir le bon fonctionnement de la justice conformément à l’article 157 de la Constitution.

‎Dans une publication diffusée sur sa page Facebook, le chef de l’État a rappelé les principes encadrant la liberté d’expression dans un État démocratique, tout en appelant à la responsabilité des acteurs institutionnels.

‎« Dans une démocratie, la liberté d’expression s’exerce sans exclusion, qu’on soit citoyen ou responsable public, dans le respect des textes en vigueur. Lorsque des magistrats investis d’une responsabilité publique n’acceptent pas la critique, cela peut fragiliser les principes de notre contrat social », a-t-il déclaré.

‎Le président a également mis en avant les réformes engagées pour consolider l’indépendance de la justice, évoquant son implication dans la réorganisation du Conseil supérieur de la magistrature.

‎« C’est d’ailleurs pour cette raison que je me suis investi afin que le président de la République ne préside plus le Conseil supérieur de la magistrature, dans le but de garantir l’effectivité de la séparation des pouvoirs », a-t-il précisé.

‎Sur le fond du différend, Mahamat Idriss Déby Itno a défendu le ministre de la Sécurité, affirmant que ce dernier n’a ni remis en cause l’institution judiciaire ni critiqué l’ensemble des magistrats.

‎Le chef de l’État a par ailleurs reconnu la légitimité de l’action syndicale, tout en appelant à une défense des intérêts corporatistes conforme aux exigences d’éthique et de justice.

‎Cette prise de position présidentielle intervient dans un contexte de tensions entre le ministère de la Sécurité publique et une partie du corps judiciaire.

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