Journée internationale de la paix : une journée de célébration suffit-elle à construire une paix durable?
À l’instar de la communauté internationale, le Tchad célèbre ce 21 septembre la Journée internationale de la paix. À cette occasion, plusieurs activités sont organisées à travers le pays pour sensibiliser les populations aux valeurs de paix, de tolérance et de vivre-ensemble.
Points de presse, manifestations sportives, conférences-débats, causeries intergénérationnelles et autres activités de sensibilisation sont notamment au programme dans différentes localités. Ces initiatives offrent des espaces d’échanges et contribuent à rappeler l’importance de la paix dans une société marquée par des défis liés à la cohésion sociale et au vivre-ensemble.
Mais au-delà des célébrations, une question demeure : ces activités ponctuelles peuvent-elles, à elles seules, contribuer à instaurer une paix durable au Tchad ?
La paix ne se résume pas à l’absence de conflits ou à l’organisation de journées de sensibilisation. Elle repose également sur des conditions sociales, économiques et institutionnelles permettant aux citoyens de vivre dans un environnement fondé sur la justice et le respect mutuel.
La justice sociale, le respect des droits humains, l’accès équitable aux ressources et aux opportunités, la confiance entre les citoyens et les institutions, ainsi que le règlement pacifique des différends constituent autant d’éléments susceptibles de renforcer durablement la cohésion sociale.
Dans ce contexte, la Journée internationale de la paix peut être considérée comme un moment de sensibilisation et de mobilisation. Elle peut également servir de cadre pour rappeler les responsabilités des différents acteurs — pouvoirs publics, organisations de la société civile, communautés, leaders traditionnels et religieux, jeunes et citoyens — dans la construction d’une culture de paix.
Toutefois, les messages véhiculés au cours de cette journée ne prennent pleinement leur sens que lorsqu’ils sont accompagnés d’actions concrètes et continues. La consolidation de la paix suppose ainsi des efforts quotidiens en faveur du dialogue, de la justice, de l’inclusion et de la prévention des conflits.
Au Tchad, la célébration du 21 septembre pourrait donc être davantage perçue comme un point de départ que comme une finalité. Une paix durable ne se construit pas en une seule journée. Elle se consolide progressivement à travers des politiques publiques cohérentes, des institutions crédibles, le dialogue entre les communautés et la participation des citoyens à la recherche de solutions aux défis qui affectent le vivre-ensemble.
Sadou Koumaye/Dari Infos