Épisode AILC-SHT : le feuilleton n’est pas encore terminé. La SHT fait une mise au point

Le bras de fer entre l’Autorité indépendante de lutte contre la corruption (AILC) et la Société des hydrocarbures du Tchad (SHT) connaît un nouvel épisode.

Après le communiqué de l’AILC publié le 12 août à la suite de sa mission de contrôle au sein de la SHT, l’entreprise pétrolière vient de publier, à son tour, une mise au point détaillée. Autrement dit, le dossier n’a visiblement pas encore livré son dernier chapitre.

Dans son communiqué de presse n°001/SHT/2026, la SHT affirme avoir pleinement collaboré à la mission de contrôle de l’AILC. Elle indique avoir désigné un point focal, aménagé un cadre de travail pour les contrôleurs et répondu, dans les délais, aux différentes demandes qui lui ont été adressées.

L’entreprise rejette ainsi toute accusation laissant entendre qu’elle aurait volontairement fait obstacle au contrôle. Selon elle, certaines contraintes liées à la nature des documents demandés et aux procédures internes ne peuvent être assimilées à un refus de coopération.

Une intervention qui fait débat

La SHT conteste surtout les conditions dans lesquelles l’intervention du 7 août s’est déroulée dans ses locaux. Elle affirme avoir constaté la présence de plusieurs personnes qui, selon elle, ne figuraient pas parmi les agents mentionnés dans l’ordre de mission présenté à l’entreprise.

La société invoque notamment l’article 50 du décret n°2015/PR/2024 du 31 décembre 2024, qui prévoit que l’ordre de mission précise notamment les agents missionnés, l’objet du contrôle, le secteur concerné et la durée de la mission.

La SHT affirme également que la Contrôleure générale adjointe de l’AILC était accompagnée d’agents en civil ainsi que d’un important dispositif militaire armé. Un déploiement que l’entreprise juge « coercitif et disproportionné » et qui, selon elle, aurait perturbé son fonctionnement.

La Directrice commerciale au cœur de la controverse

Autre point particulièrement sensible : le traitement réservé à la Directrice commerciale et marketing de la SHT.

L’entreprise affirme que cette dernière a été maintenue pendant près de cinq heures dans son bureau, sous la présence d’agents de l’AILC et de militaires armés. Elle soutient également que son téléphone personnel et son ordinateur professionnel lui auraient été retirés.

La SHT estime que ces faits soulèvent des interrogations sur le respect des garanties reconnues aux personnes faisant l’objet d’un contrôle. Elle cite notamment l’article 31 du décret précité, relatif à l’impartialité, à la présomption d’innocence et au respect des droits de la défense.

Sur ce point, la SHT ne se contente donc pas de contester : elle demande implicitement que les conditions de l’intervention soient elles-mêmes examinées.

Factures : deux versions pour un même épisode

Le communiqué de la SHT revient également sur une question plus technique, mais qui pourrait prendre une dimension importante dans le dossier : l’impression des factures demandées par la mission.

Selon l’AILC, citée par la SHT, la Directrice commerciale et marketing aurait elle-même imprimé les factures avant leur remise à la mission contre décharge.

La SHT dément cette version. Elle affirme que la Contrôleure générale adjointe aurait pris possession du poste de travail de la Directrice, ouvert les fichiers concernés et imprimé elle-même les documents, sans qu’aucune décharge ne soit délivrée.

Une divergence factuelle de plus dans un dossier où, décidément, chaque document semble avoir son propre scénario.

La SHT dit ne pas chercher la confrontation

Dans sa conclusion, la société assure ne rechercher « aucune confrontation de principe » avec l’AILC. Elle affirme vouloir uniquement éclairer l’opinion publique sur le déroulement des événements.

La SHT réaffirme par ailleurs son soutien à la lutte contre la corruption et à la bonne gouvernance, tout en estimant que les missions de contrôle doivent être conduites dans le strict respect de la légalité et des procédures prévues par les textes.

L’AILC avait, de son côté, publié le 12 août un communiqué exposant sa propre version des faits et les circonstances de sa mission au sein de la SHT.

Avec cette nouvelle sortie de la société pétrolière, les deux parties ont désormais exposé publiquement des versions sensiblement différentes du déroulement de l’intervention du 7 août.

Reste désormais à savoir si le prochain épisode se jouera encore par communiqués interposés… ou dans le cadre des procédures prévues par les textes. Une chose est sûre : l’épisode AILC-SHT n’est pas encore terminé.

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