Election présidentielle au Cameroun : voici les profils des candidats majeurs sur les 82 enregistrés 
Paul Biya, Président du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), 92 et au pouvoir depuis 42 ans, a déposé sa candidature par le Président de l’Assemblée Nationale, Cavayé Yéguié Djibril. Ses partisans lui reconnaissent une une connaissance profonde des institutions de l’Etat et une expérience inégalée en matière de politique intérieure et étrangère. Il est également considéré comme une solution à la stabilité, dans un environnement instable au sahel et le golfe de Guinée. Il a les moyens et les réseaux nécessaires. Pour les opposants, Paul Bya est un obstacle au renouvellement des élites politiques, un gestionnaire autoritaire et corrompu. Sa légitimité est frottement contestée ces dernières années, même dans son propre camp.
Maurice Kamto, Ancien ministre, Avocat de carrière et Enseignant de Droit International Public est le Président fondateur du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC). Agé de 61 ans, il été déjà candidat à l’élection présidentielle de 2018 dont il a contesté les résultats. Atouts : pour de nombreux Camerounais notamment les jeunes et les anglophones, Kamto est une figure de courage et de résistance, de l’opposition crédible, face à un régime qui incarne la peur. Un défenseur de la démocratie et des droits de l’Homme. Cible de la violence du RDPC, il attire un capital social de toutes les victimes de la gouvernance publique au Cameroun. En défendant avec brio la rétrocession de la péninsule de Bakassi au Cameroun, il a montré sa capacité à preserver les intérêts du Cameroun. Néamoins, son parti n’a pas encore un ancrage national et beaucoup plus tourné, par la force des choses, vers les populations urbaines. Il doit faire face à d’autres figures de l’opposition aussi forts dans la partie nord et sud-ouest du pays. 
Issa Tchiroma Bakary, âgé de 70 et plusieurs fois ministre sous le régime de Paul Bya roule pour le Front National pour le Salut du Cameroun (FNSC). Côté fort : il a une bonne connaissance de l’administration centrale et territoriale, une position idéologique modérée et donc capable d’incarner la diversité des Camerounais. Il connait bien la politique internationale pour avoir été ministre de la communication et porte-parole du gouvernement pendant 10 ans. Pour autant, il ne pourrait aussi s’imposer parce que sa base politique est limitée au nord, partagé avec d’autres candidats à l’élection d’octobre prochain. Il traine aussi le passif du régime de Paul Bya qu’il a soutenu sans ambiguïté, jusqu’à sa démission en juin dernier. 
Bello Bouba Maigari, un autre allié d’hier du RDPC, est le Président de l’Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès (UNDP). C’est un ancien Premier ministre et ministre d’État du Tourisme. Comme les autres rodés de l’administration, il connait le Cameroun dans ses moindres détails et l’état des lieux des politiques publiques. De ce fait, il représente une possibilité de rupture en douceur en cas de défaite du Président sortant Paul Bya. A l’opposé, ses liens historiques avec le RDPC nuisent à son image d’opposant crédible. Agé de 80 ans, il aura du mal à séduire une bonne partie des électeurs, constitués essentiellement de jeunes qui veut voir la nouvelle génération aux affaires. 
Pr Éric Essono Tsimi est un Enseignant-Chercheur. Agé de 50 ans, il porte l’étendard de la plateforme « Nous Sommes Le Changement ». Sa force vient du fait qu’il est un intellectuel engagé, jeune et candidat de la Société Civile, donc sans couleur politique. Il met l’accent sur la transformation économique structurelle du Cameroun et la sous-région CEMAC, à même d’être porteuse d’emploi et de la protection sociale inclusive. Toutefois, il n’a pas une expérience politique, l’ancrage dans les zones rurales, un bon réseau au niveau national et les moyens financiers comme les autres candidats.
Cabral Libii, âgé de 45 ans, actuellement député à l’Assemblée Nationale, sous la bannière représentant du PCRN (Parti camerounais pour la réconciliation nationale). C’est un journaliste et juriste ayant à son compte plusieurs ouvrages. Il incarne la jeunesse et montre une intelligence politique qui se forge au fil des années. Il connait mieux les besoins et les attentes de la jeunesse Camerounaise. Sa lutte pour le changement est reconnue au niveau international. Il aborde les sujets d’intérêt national sans tabou. Beaucoup lui reprochent un manque de gestion des affaires publiques avéré. Il est miné par des dissensions internes sans fin. Son parti n’a pas encore une assise territoriale complète.
Succès Ngarpolo/Dari Infos