Dr Aboubacar Assidick Choroma sacrifié sur l’autel des enseignants : son départ suffira-t-il  pour régler définitivement la situation ?

Le départ de Dr Aboubacar Assidick Choroma ressemble à une réponse classique à une crise sociale devenue embarrassante : changer l’homme pour tenter de sauver le système.

Mais cette stratégie, souvent utilisée, pose une question essentielle : règle-t-on réellement le problème ou se contente-t-on de gagner du temps ?

Car la crise actuelle dépasse largement la personne de l’ex-ministre. Elle révèle un malaise profond du système éducatif tchadien : enseignants précarisés, dialogue social fragile, décisions administratives mal acceptées.

Mais toutefois, en choisissant la fermeté — suspension des salaires, paiement partiel — le ministre sortant a sans doute commis une erreur stratégique. Mais son limogeage ne suffit ni à effacer les tensions ni à restaurer la confiance.

L’implication du président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, et du Médiateur de la République, Saleh Kebzabo, montre à quel point la situation était critique. Pourtant, aucune solution durable n’a émergé.

Plus préoccupant encore, la base syndicale reste mobilisée. Les membres du Syndicat des enseignants du Tchad pour la province de N’Djamena ont réaffirmé leur position lors d’une assemblée générale extraordinaire tenue mercredi dernier. Ils ont exprimé leur mécontentement face à l’amputation partielle de leurs salaires et posé des conditions claires pour la reprise des cours après les congés de Pâques.

Parmi leurs principales revendications figurent le paiement de la moitié du salaire du mois de février coupée ainsi que la signature du protocole d’accord conformément au calendrier fixé par la commission de négociation.

Le risque est désormais évident : que le nouveau ministre adopte un ton plus conciliant en apparence, tout en repoussant les décisions de fond. Or, sans engagement concret sur les revendications — et surtout sur leur financement — la crise ne fera que ressurgir.

Le véritable enjeu n’est pas le nom du ministre, mais la capacité de l’État à honorer ses engagements envers les enseignants. Sans cela, le départ de Choroma ne restera qu’un sacrifice politique de plus — sans effet durable sur une crise qui, elle, est profondément structurelle.

Malgré les éléments exposés, plusieurs zones d’ombre persistent. L’ex-ministre de l’Éducation a-t-il agi seul en décidant de couper les salaires des enseignants ? Cette mesure relevait-elle réellement de ses prérogatives ? Et disposait-il des moyens légaux et administratifs pour en assurer l’exécution ?…..

Sadou Koumaye/Dari infos

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