Le Tchad affine sa ligne de politique étrangère sous le Ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et des Tchadiens de l’Etranger, Dr. Abdoulaye Sabour Fadoul. N’Djamena multiplie les actions et geste de partenariat envers les pays limitrophes, après la période tumultueuse avec Khartoum et de stagnation diplomatique avec Niamey. Tout indique une volonté d’ouverture vers les grandes puissances pour les investissements avec un ancrage régional solide.
La surmédiatisation des accusations du Soudan (plongé dans une guerre civile profonde) a imposé pour un temps, une image peu envieuse du Tchad, pourtant pièce stratégique dans le jeu géopolitique africain. D’ailleurs, le gouvernement a mis en place une commission chargée de suivre la plainte du Soudan qui soutient ses accusations devant la Cour Africaines des Droits de l’Homme.
En prenant officiellement fonction, le nouveau Ministre a eu plusieurs fois le tête à tête avec les diplomates Soudanais. Rien a filtré de ces rencontres mais le message est clair : il n’y a pas de brouillard dans les relations tchado-soudanaises.
Dans les discours, le Président de la République ne manque pas de rappeler la bonne disposition du Tchad qui continue d’accueillir les réfugiés soudanais. Cette relation bilatérale n’est pas encore à son point optimal mais reste sur une bonne trajectoire.
Avec le Niger à l’Ouest, les relations diplomatiques étaient figées pour des questions d’alignement idéologique et stratégique. La visite officielle récente de Mahamat Idriss Déby Itno à Niamey réchauffe la proximité entre les deux pays du Sahel et positionne leurs échanges au niveau stratégique global. Il s’intensifiera avec les consultations régulières entre les délégations des deux pays et l’ouverture d’un consulat général à Diffa, ville de transit pour les opérateurs économiques tchadiens en provenance du Benin.
La conclusion de l’accord de paix entre le gouvernement centrafricain et plusieurs groupes rebelles sous la médiation du Chef de l’Etat est une percée diplomatique majeure.
Ajoutée à la réouverture des frontières communes entre les deux pays, ce geste changera le ressentiment des centrafricains envers les tchadiens et le narratif victimologique, considérant toujours le Tchad comme source de leur instabilité politique.
Le maintien des relations avec la Libye dominées par l’aspect sécuritaire, des échanges économiques forts avec le Cameroun et le Nigéria traduit la profonde aspiration du Tchad à la paix et à la stabilité régionale.
C’est à l’aune de cela qu’il faut scruter la diplomatie tchadienne dans les prochains jours.
Succès Ngarpolo/Dari Infos