Différend maritime entre le Gabon et la Guinée Equatoriale, Libreville veut à nouveau une négociation avec Malabo après le verdict de la Cour Internationale de Justice
Les deux pays voisins de l’Afrique Centrale ont saisi la plus haute instance judiciaire de l’ONU pour régler leurs revendications réciproques sur une île et deux îlots inhabités sur le golfe de Guinée riches.
Le verdict rendu par la CIJ, le 20 mai 2025, à la Haye aux Pays Bas est en faveur de la Guinée Equatoriale. Libreville appelle Malabo à des négociations post-judicaires.
L’île de Mbanié et les îlots de Cocotiers et Congo, situés à 10 kilomètres de la Guinée Equatoriale et 20 Kilomètres du Gabon ont trouvé leur zone de rattachement. La CIJ a tranché en faveur de la Guinée Equatoriale. La gestion de ce conflit a montré que le Gabon a utilisé les moyens pacifiques pour exercer sa souveraineté sur cette partie maritime pour des intérêts économiques. Selon un traité de 1990 signé à Paris entre la France et l’Espagne, les trois terres immergées relèvent de la souveraineté de la Guinée Equatoriale. Le Gabon a voulu les amener dans le giron de sa souveraineté en 1972, brandissant une convention de Bata de 1974 que la Guinée Equatoriale ne reconnait pas. Malabo est surpris de découvrir une copie de traité sans son original, servant de pièce à conviction pour le Gabon.
Dans le système international des traités, les accords entre Etats doivent être enregistrés au Secrétariat de l’ONU ou auprès des organismes internationaux spécialisés dans l’enregistrement. La convention de Bata n’est enregistrée ni par l’ONU ni par un autre organisme. Les négociations directes entre les deux pays n’ont pas permis de régler le différend maritime. Les deux parties ont demandé à la Cour Internationale de Justice de trancher.
La CIJ a jugé que la Guinée Equatoriale devenue indépendante en 1968 hérite sans ambiguïté du titre légal de l’Espagne sur les trois îles. Guy Rossantagana-Rignault, l’un des représentants du Gabon n’a pas rejeté la décision de la CIJ mais suggère à la Guinée Equatoriale en vue de trouver des solutions pratiques. Ce qui fait dire à plus d’un observateur que le Gabon veut coûte que coûte partager une partie des îles litigieux avec son voisin. La Présidente de la Cour Constitutionnelle du Gabon profite également du flou entretenu par le traité de Bata pour demander à la Guinée Equatoriale de reprendre avec les négociations en vue d’une solution à l’amiable. Les îles du Golfe de Guinée regorgent d’hydrocarbures et de gaz convoités par le Gabon.
Les différends frontaliers sont rares en Afrique Centrale. Le Cameroun et la RCA ont aussi eu un différend frontalier mais terrestre, déjà réglé.
Succès Ngarpolo