Lors d’un point de presse tenu le 24 mai 2025 à N’Djamena, l’organisation Droits de l’Homme Sans Frontières (DHSF), par la voix de son président national LAYIBE TOURDJOUMANE, a exprimé son indignation face à deux événements majeurs qui ébranlent le Tchad à savoir le massacre de Mandakaou dans le Logone Occidental et les évasions dans plusieurs prisons du pays.
Le 14 mai, à Mandakaou, un conflit foncier mal géré a dégénéré en une attaque meurtrière ciblant une communauté d’éleveurs, faisant 42 morts, de nombreux blessés et provoquant le déplacement de populations vulnérables. DHSF dénonce cet acte comme une grave violation des droits humains et exige une enquête impartiale pour identifier les auteurs, commanditaires et complices.
Par ailleurs, DHSF s’inquiète de la série d’évasions survenues dans les maisons d’arrêt de Mongo, D’Am-Timan et Laï. À Mongo, dans la nuit du 18 au 19 avril, plus de 130 détenus se sont évadés lors d’une attaque armée, faisant 4 morts. À Am-Timan, une autre évasion le 18 mai a causé 2 morts, 4 blessés, suivie par la mort de 6 détenus par asphyxie en cellule le lendemain. Enfin, à Laï, 20 prisonniers se sont évadés, avec 1 mort, 1 blessé et 3 fugitifs repris.
L’organisation fustige la gestion sécuritaire des établissements pénitentiaires et appelle à une réforme en profondeur du système carcéral, incluant un audit national indépendant, la modernisation des infrastructures, le renforcement du personnel et la lutte contre la corruption.
DHSF met aussi en cause la responsabilité des autorités locales et traditionnelles de Beinamar, appelant à des sanctions en cas de défaillance dans la gestion du conflit de Mandakaou.
Enfin, DHSF invite la communauté internationale à soutenir les victimes, à exiger justice, et à appuyer les efforts de prévention des conflits pour garantir une paix durable et le respect des droits humains au Tchad.