À N’Djamena, un phénomène alarmant fait mal au regard sombre des autorités : les automobilistes et conducteurs de moto et des engins à quatre roues refusent de céder le passage aux ambulances en mission d’évacuation sanitaire. Un comportement qui, au-delà de l’incivisme, met en péril la vie de malades et de blessés dont chaque seconde compte.

‎Dans les grandes artères de la capitale, les sirènes retentissent mais peinent à se frayer un chemin au milieu des embouteillages. Certains conducteurs ignorent délibérément les signaux sonores et lumineux, d’autres estiment que chacun est pressé et que « l’ambulance trouvera bien son chemin ». Cette indifférence est lourde de conséquences : un retard d’évacuation peut transformer une urgence maîtrisable en drame irréversible.‎

‎Pourtant, la loi est claire : les véhicules de secours, lorsqu’ils sont en mission, doivent bénéficier d’une priorité absolue. Le refus de s’écarter pour laisser passer une ambulance constitue une infraction passible de sanctions. Mais au-delà de la répression, c’est une question de conscience citoyenne et de solidarité humaine.‎

‎Une ambulance transportant un malade n’est pas un simple véhicule : elle incarne une vie suspendue à l’urgence des soins. Refuser de lui ouvrir la voie, c’est contribuer indirectement à mettre cette vie en danger.‎

‎La Loi n°027/PR/2017 portant Code de la route tchadien, inspiré des conventions internationales sur la circulation routière, est sans ambiguïté.  L’article 85 de ce Code dispose clairement que : «les véhicules d’intérêt général prioritaires notamment les ambulances, la police, la gendarmerie et les sapeurs-pompiers ont priorité absolue lorsqu’ils circulent en mission urgente avec avertisseurs sonores et lumineux activés.‎

‎L’article 136 injoint que : «tout usager de la route est tenu de faciliter le passage de ces véhicules en se rangeant immédiatement sur le côté droit de la chaussée.»

‎Un peu loin, l’article 147 : le refus de céder le passage constitue une infraction passible d’une amende, du retrait de points sur le permis et, en cas de récidive, de la suspension de ce dernier.

‎Or le point 10 de l’article 96 du règlement CEMAC portant Code de la route de portée communautaire dispose justement que : «nonobstant toutes dispositions contraires, tout conducteur doit céder le passage aux véhicules des services de sécurité publique, de lutte contre l’incendie, aux ambulances, aux cortèges officiels et funèbres annonçant leur approche par leurs avertissements spéciaux lumineux et sonores.»

‎Ces dispositions ne relèvent pas d’un simple rappel de courtoisie, mais d’une obligation légale, engageant la responsabilité civile et pénale du conducteur. Retarder une ambulance, c’est entraver une mission de secours, et dans certains cas, cela peut être assimilé à une mise en danger de la vie d’autrui‎

‎Il ne suffit pas que la loi existe. Encore faut-il qu’elle soit respectée et appliquée. Les campagnes de sensibilisation menées ponctuellement doivent être amplifiées, et les sanctions appliquées rigoureusement contre les contrevenants. Mais au-delà des textes, c’est la conscience citoyenne qui doit primer : céder le passage à une ambulance n’est pas une faveur, c’est un devoir civique et humain.

‎Dans un contexte où les structures sanitaires manquent déjà de moyens et où la rapidité d’évacuation est cruciale, chaque minute perdue dans les embouteillages peut être fatale. Les ambulances perdent 10 à 15 minutes juste parce que les voitures refusent de s’écarter. Ces minutes suffisent à aggraver l’état d’un malade ou à causer un décès évitable.

‎Face à cette situation, il est urgent que les autorités renforcent les campagnes de sensibilisation et rappellent aux usagers de la route leur devoir civique. Mais il appartient surtout à chaque conducteur de comprendre que demain, c’est peut-être son proche ou lui-même qui aura besoin d’une ambulance.

‎Un jour, chacun de nous pourrait se retrouver de l’autre côté de la sirène. Respecter la priorité des ambulances.

‎Céder le passage aux ambulances, c’est sauver des vies.

‎MIVOURBE OLIVIER /Dari Infos

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