Issa Tchiroma Bakary sonne la charge et appelle à la mobilisation générale
Le ton est frontal, sans détour. Dans une déclaration publiée le 27 février 2026, Issa Tchiroma Bakary, qui se présente comme « Président élu », dresse un réquisitoire sévère contre le pouvoir en place et appelle à une mobilisation tous azimuts des Camerounais, au pays comme dans la diaspora.
Il décrit un État « en faillite technique », un pays « confisqué » et une gouvernance réduite, selon ses mots, à une « guerre de clans ». Sur le plan économique, il évoque une dette galopante, des ressources stratégiques « bradées » et des services publics à bout de souffle. Les populations, affirme-t-il, paieraient le prix fort : infrastructures inachevées, déficit énergétique persistant, système de santé défaillant.
Le propos se fait plus accusateur encore sur le terrain politique. L’ancien ministre parle de « répression post-électorale », avance le chiffre d’une cinquantaine de morts, de disparitions et de plus de 3 000 arrestations. Il affirme que des détenus seraient maintenus sans jugement dans des conditions difficiles, dénonçant un « État barbare ».
Au-delà du constat, l’appel se veut offensif. Issa Tchiroma Bakary sollicite des dons pour une assistance humanitaire en faveur des personnes incarcérées et exhorte la diaspora à s’impliquer activement dans la « bataille pour le Palais d’Etoudi ». Il annonce la mise en place prochaine d’une plateforme destinée à canaliser les engagements et les contributions, en fonction des compétences de chacun.
Se posant en porteur d’un projet de « transition » et d’un « Cameroun Nouveau », il appelle à dépasser les clivages pour, dit-il, « reprendre en main le destin national ». Une sortie musclée qui confirme la montée en intensité du discours de l’opposant sur fond de crispations politiques persistantes.