Assainissement : le Tchad prépare un programme d’investissements prioritaires
Le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Passalé Kanabé Marcelin, a présidé, mercredi 16 septembre 2026, un atelier consacré à la restitution du rapport de diagnostic du secteur de l’assainissement au Tchad. La rencontre a réuni notamment le responsable pays de la Banque africaine de développement (BAD), Francis Dogo, la cheffe de mission de la Facilité africaine de l’eau, Christine Razanamahandry, ainsi que des partenaires techniques et financiers, des experts et des représentants des collectivités territoriales décentralisées.
Organisé dans le cadre de l’Initiative africaine d’investissement dans l’assainissement urbain (AUSII), portée par la Facilité africaine de l’eau, l’atelier vise à faire évoluer l’intervention dans le secteur d’une logique de projets isolés vers une approche programmatique. Celle-ci doit permettre de hiérarchiser les investissements, de préparer les projets et de faciliter la mobilisation des financements.
Au nom du Groupe de la BAD, Francis Dogo a indiqué que le diagnostic constitue une base pour l’élaboration d’un plan programmatique adapté au contexte tchadien. La démarche doit notamment permettre d’identifier les investissements prioritaires, de renforcer les capacités institutionnelles, de faciliter les cofinancements et de préparer la mise en œuvre progressive d’un programme à partir de 2027.
La BAD, à travers la Facilité africaine de l’eau et l’initiative AUSII, a réaffirmé sa disponibilité à accompagner le Tchad dans l’assistance technique, la préparation des investissements et la mobilisation des ressources.
À l’ouverture des travaux, Passalé Kanabé Marcelin a relevé que les politiques publiques avaient longtemps accordé la priorité à l’accès à l’eau potable, au détriment de l’assainissement. Il a souligné les enjeux liés à l’urbanisation rapide, à l’extension des quartiers périphériques, au déficit d’infrastructures, à la collecte et au traitement des eaux usées ainsi qu’à la gestion des boues de vidange.
Le ministre a estimé que l’approche programmatique doit permettre de constituer un portefeuille de projets prioritaires, préparés et documentés, afin de faciliter la recherche de financements. Elle devra également renforcer les capacités nationales en matière de programmation, de coordination, de pilotage, de régulation et de suivi du secteur.
Les travaux portent notamment sur l’examen des résultats du diagnostic, l’identification et la hiérarchisation des investissements prioritaires ainsi que les conditions de mise en place d’une assistance technique structurée.
La mobilisation des ressources constitue un autre enjeu majeur, les besoins du secteur dépassant les capacités de financement public disponibles. Le gouvernement entend ainsi renforcer la coordination avec les partenaires techniques et financiers et explorer différents mécanismes de financement, notamment les financements concessionnels, les ressources extérieures et, lorsque les conditions le permettent, les capitaux privés.
La Banque mondiale, l’Union européenne, l’Agence française de développement, la JICA, l’UNICEF et d’autres partenaires intervenant dans les domaines de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène participent à cette dynamique.