Lors de son passage à l’émission « Face à Face » sur TchadInfos, le Ministre de la Communication, Porte-parole du Gouvernement, GASSIM CHÉRIF MAHAMAT a abordé des questions concernant l’indépendance de la justice tchadienne et la souveraineté nationale, notamment face aux ingérences étrangères.
Interrogé sur l’autonomie de la justice face au pouvoir exécutif, le Ministre n’a pas hésité à évoquer son passé de défenseur de Succès Masra. « J’étais l’un des rares à l’époque à avoir soutenu Succès Masra… je l’ai défendu quand il fallait le défendre, » a-t-il affirmé. Il a souligné un changement de perception : « C’est le même partisan de Masra qui m’applaudissait à l’époque, parce que j’allais dans leur sens… Maintenant que je suis dans mon rôle du gouvernement et que j’essaye d’apporter de la nuance dans ce dossier, je deviens quelqu’un d’autre… il faut vraiment être honnête. »
Le Ministre a ensuite développé la notion de « souveraineté nationale », qu’il décrit comme un concept qui se décline dans « beaucoup de domaines ». Il a été catégorique sur la position du gouvernement concernant l’affaire Masra et d’autres dossiers sensibles.
« Nous refusons aujourd’hui que des avocats français viennent défendre le dossier de Masra, » a-t-il déclaré, insistant sur la compétence des avocats tchadiens qui « assurent la défense de Masra » et continueront de le faire. Il a rejeté l’argument d’un accord de barreaux datant de 1976 sous le Président Felix Maldom, affirmant que « ce qui nous importe c’est le symbolique (autour de cette décision), ce temps est révolu que des avocats étrangers débarquent en Afrique. »
Pour illustrer cette position, le Ministre a rappelé l’affaire de « l’arche de Zoé », critiquant une « mémoire courte » de certains Tchadiens : « Il y a eu des épisodes dans ce pays où les gens sont venus ramasser les gens, ils ont fait un procès à la minute et ils sont repartis avec… » Le message est clair et sans équivoque : « Qu’il soit très clair, on ne veut plus d’ingérence étrangère que ce soit sur ce dossier ou sur d’autres dossiers. »
Le Ministre a donné un exemple concret de cette affirmation de souveraineté : le retrait des troupes françaises du Tchad. « C’est un acte à saluer, » a-t-il affirmé, soulignant que « le Chef de l’État l’a fait après 100 ans d’existence sur le sol Tchadien de manière discontinue. » Selon lui, « aucun pays responsable jaloux de sa souveraineté ne va laisser une force étrangère sur son sol. »
Il a précisé que ce n’est qu’un « pan de notre souveraineté » et que le gouvernement est « en train d’entamer d’autres pans de notre souveraineté. » Le Ministre a conclu en affirmant que cette notion de souveraineté, bien qu’étant un « mot valise » parfois utilisé à tort, n’a pas pour but de « museler, de contenir les opposants » dans ce cas précis. L’engagement du Chef de l’État est de repenser tous les secteurs, y compris l’économie, pour une souveraineté pleine et entière.
Le libre penseur