Affaire de « détournement de vivres » : la défense conteste la condamnation et signale l’état de santé préoccupantes des condamnés
Les conseils de Madame Fatimé Boukar Kossei, ancienne ministre de l’Action sociale, et de Monsieur Kaoudé Israël, ex-directeur général de la Solidarité nationale, ont tenu un point de presse à N’Djamena après leur condamnation dans l’affaire dite de détournement de vivres.
Condamnés le 14 mai 2026 à dix ans de prison ferme et au remboursement de plus de onze milliards de francs CFA, les deux anciens responsables contestent fermement la décision de justice.
Selon la défense, aucune preuve d’enrichissement personnel ni d’acte matériel de détournement n’aurait été établie. Les avocats soutiennent que les sorties de vivres incriminées s’inscrivaient dans des opérations humanitaires menées dans un cadre administratif, avec la participation de certaines autorités locales lors de la distribution aux populations.
Ils affirment également que les vivres ont effectivement atteint les bénéficiaires dans plusieurs localités, notamment lors de missions de vérification dans les provinces du Hadjer-Lamis, du Chari-Baguirmi et à N’Djamena.
La défense critique par ailleurs la procédure et estime que les éléments retenus reposent essentiellement sur des documents administratifs de gestion de stocks, sans démonstration de détournement ou d’appropriation personnelle. Elle remet aussi en cause le communiqué de l’Autorité indépendante de lutte contre la corruption (AILC), publié après le verdict.
Les avocats dénoncent enfin ce qu’ils qualifient de « justice à géométrie variable » et annoncent un pourvoi en cassation devant la Cour suprême.
Abordant la situation personnelle des condamnés, la défense a indiqué que les deux anciens responsables seraient dans un état de santé préoccupant. Selon elle, ils souffrent de pathologies sérieuses, documentées dans le dossier, nécessitant une prise en charge médicale adaptée en milieu pénitentiaire.
Les conseils des condamnés affirment qu’ils restent confiants dans l’issue des voies de recours, estimant que la Cour suprême permettra un réexamen du dossier.