Les IDE, l’alternative à la baisse de l’Aide Publique au Développement (APD) et l’emprunt ont reculé dans le contexte global mondial et africain. Mais au Tchad, il est en progression pour la deuxième année consécutive.
L’action du gouvernement, sous l’effet combiné du volontarisme politique, des politiques d’intégration et des conditionnalités des partenaires au développement permet d’alimenter les investissements avec une perspective optimiste.
Comparé aux autres pays, le Tchad n’est pas encore compétitif sur le plan des IDE. Il est 18ème en Afrique dans le top 20 du rapport 2025 du rapport de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CENUCED). Mais pour un observateur de la vie économique, le pays de Toumai fait un bond en avant pour la 2ème fois de son histoire, après les investissements massifs des multinationales dans l’exploitation du pétrole au début des années 2000.
Le cadre général des investissements étrangers a été fixé depuis la même decennie à l’exemple de l’ordonnance sur le partenariat public-privé et le Code des Investissements, juste après l’adhésion du Tchad à l’OHADA.
Pour autant, la dépendance excessive aux recettes pétrolières a amené les autorités à négliger la diversification de l’économie. La chute brutale du prix du pétrole en 2014, la montée vertigineuse de la dette extérieure qui est suivie et les leçons de la Covid 19 ont conduit le gouvernement à privilégier la diversification économique orientée vers le secteur primaire non pétroler.
Parallèlement aux politiques de refondation en période de transition politique, le gouvernement a créé les Zones économiques Spéciales qui accordent aux entreprises des avantages fiscaux, douaniers et commerciaux exceptionnels sur dix ans. Les ZES sont une incitation supplémentaire car dans le Code des Investissements, le législateur a fait mention d’une exonération fiscale de 5 ans. Cela a ouvert la voie à une jointe venture entre le Tchad et le développeur francais ARISE pour valoriser la filière viande et connecter le pays à la chaîne du commerce international.
L’Agence Nationale des Investissements et d’Exportation (ANIE) permet aux investisseurs de raccourcir le délai d’immatriculation de leurs entreprises. Le temps nécessaire à l’obtention du permis de construire, 2ème critère du Doing Business est sensiblement court par rapport aux années 2010 où il était de 120 jours.
En plus des exonérations, la procédure de liquidation devient de plus en plus transparente avec le e-tax et la facture numérique normalisée.
Le nouveau Ministre du Commerce et de l’Industrie, Guibolo Fanga Matthieu, juriste de carrière accorde l’importance à la diversification économique et à l’industrialisation. C’est le discours inaugural lors de sa prise de fonction. Dès lors, la plupart de ses audiences sont consacrées à la rencontre avec les opérateurs privés.
Chaque fois, il les encourage à investir ou maintenir leur investissement au Tchad. Il montre un fort intérêt pour la relance de la filière coton et la libéralisation des secteurs d’activités et la privatisation des entreprises publiques.
Des reformes se poursuivent dans les ministères phares. La mobilisation des partenaires autour de la «vision 2030» peut consolider voire augmenter substantiellement la montée des IDE en 2026.
Succès Ngarpolo/Dari Infos