Les récentes violences qui ont endeuillé les familles et causé d’énormes dégâts matériels continuent de faire réagir les organisations de la société civile.
Par une déclaration conjointe faite ce 23 juin 2025, l’Association des Jeunes pour l’Animation et le Développement Rural (AJAADR), la Coordination Nationale des Jeunes pour la Paix et le Développement au Tchad (CONAJEPDT), le Mouvement Citoyen le Temps (MCT) et Waki Tama-Section politique ont dénoncé la passivité des autorités étatiques qui « observent, se taisent ou détournent le regard » face aux massacres.
Soutenant que le Tchad est à la croisée des chemins, les signataires de cette déclaration, appellent les populations à choisir entre la justice, la dignité ou sombrer définitivement dans le chaos « orchestré par un régime cynique, défaillant et moralement disqualifié ».
Face à cette situation qui fait réagir les organisations nationales et internationales, ces organisations accusent la « passivité » des autorités gouvernementales qu’ils qualifient de « barbarie » constituant « une démission grave, une trahison manifeste des devoirs les plus sacrés de l’État » notamment sa mission régalienne de l’État de protection.
«Le silence du pouvoir en place, loin d’être neutre, est complice. L’inaction gouvernementale, récurrente et délibérée, consacre l’effondrement de l’État, qui n’assure plus ni sécurité, ni justice, cohésion nationale.» denoncent-ils en rappelant les contradictions entre les ministères, l’abandon par les forces publiques de leur mission républicaine créant un retour brutal à la jungle.
«Ce gouvernement, illégitime et déconnecté, ne gouverne plus; il observe, il temporise, il justifie l’injustifiable. Le peuple, quant à lui, saigne, enterre ses morts, fuit ses terres et perd espoir.» ont-ils déploré.
Considérant ces faits des « crimes contre l’humanité et un génocide des temps modernes », les organisations de la société civile signataires et la section politique de Wakit Tama exigent: la démission sans condition de l’ensemble de l’exécutif, pour haute trahison contre la vie, la paix et la sécurité des Tchadiens.
Aussi, elles exigent la mise en place d’un gouvernement de salut public, issu des forces vives de la Nation, société civile, confessions religieuses, partis politiques, syndicats, intellectuels, jeunes et femmes, afin de rétablir l’ordre républicain, d’assurer la sécurité des populations et de créer les conditions d’une gouvernance légitime, inclusive et apaisée; la création, dans les plus brefs délais, d’une commission d’enquête internationale indépendante, placée sous l’égide des Nations Unies et de l’Union Africaine, pour établir les responsabilités des massacres commis à Mandakao, Molon, Oregomel et ailleurs, et pour traduire tous les auteurs, co-auteurs, complices ou commanditaires devant la justice, nationale ou internationale.
Elles appellent à cet effet, les partenaires internationaux du Tchad à prendre leurs responsabilités en cessant de soutenir « un régime qui viole de manière aussi flagrante les droits fondamentaux de son peuple ».
L’AJAADR, la CONAJEPDT, le MCT et la Section politique de Waki Tama informent l’opinion nationale et internationale qu’un plan d’actions de mobilisation citoyenne pacifique sera mis en œuvre dans les prochains jours comprenant des journées ville morte, des marches pacifiques, des campagnes internationales de dénonciation et des actions judiciaires auprès des juridictions compétentes, y compris la Cour Pénale Internationale et appellent les forces patriotiques, la diaspora, les défenseurs des droits humains et la presse libre à rejoindre ce combat pour la vérité et la justice.
MIVOURBE OLIVIER/Dari infos