Depuis 2020, le village de Sokoye, situé dans la province du Mayo-Kebbi Ouest, fait face à une exploitation illégale et incontrôlée de l’or.
Pratiquée de manière artisanale et informelle, cette activité se développe avec la tolérance, voire la bénédiction tacite, de certaines autorités locales, selon les habitants.
L’orpaillage utilise massivement du mercure, un produit hautement toxique, entraînant une pollution grave des sols et des cours d’eau. Les terres agricoles sont dégradées, la biodiversité menacée et les ressources naturelles durablement compromises. Une situation qui met en péril l’environnement et les moyens de subsistance des populations locales.
Les conséquences sociales sont tout aussi préoccupantes. Les habitants sont exposés à des risques sanitaires importants, tandis que l’insécurité liée à l’afflux d’orpailleurs accentue les tensions locales. La baisse de la production agricole aggrave l’insécurité alimentaire, dans une région déjà vulnérable.
Contrairement aux promesses de développement souvent associées à l’exploitation minière, l’orpaillage illégal contribue à l’appauvrissement de la zone et prive l’État de recettes fiscales essentielles. Les bénéfices échappent aux communautés locales, tandis que les dégâts restent.
Face à cette situation, les appels répétés des populations de Sokoye restent sans réponse. Le silence du Ministère des Mines, dénoncé par les habitants, est perçu comme une forme de complicité. La population avertit désormais les autorités compétentes et affirme tenir le Ministère des Mines pour responsable de toute évolution dramatique, allant jusqu’à craindre la disparition pure et simple du village si rien n’est fait.