Abéché Chef-lieu de la province du Ouaddaï, l’une des grandes villes du pays vit des calamités gangrenées par plusieurs problèmes socio-économiques et sécuritaires qui de nos jours mettent en mal la quiétude sociale de la population.
Depuis plus d’un an avec la crise soudanaise, un afflux massif de réfugiés dans cette province a créé une explosion démographique qui se caractérise par une hausse drastique des besoins de la population dans le domaine du transport, de l’habitat, d’accès aux services sociaux de base et autres.
Le constat fait aujourd’hui dans la ville d’Abéché est alarmant et interpelle les plus hautes autorités du pays qui doivent prendre leurs responsabilités pour répondre aux cris de cette population qui est à bout de souffle. Au nombre des difficultés que rencontre actuellement cette population, l’on cite : la pénurie chronique du carburant dont la bouteille d’un litre qui se vendait à 1500 F aujourd’hui est montée à 2250 F chez les vendeurs à la sauvette. Pour obtenir le carburant dans quelques stations approvisionnées, il faut se placer au rang en longueur de la journée tout cela avec une incertitude de s’en procurer. Les consommateurs se déplacent de station en station chaque jour visage crispé et désespéré. Le prix des transports avec les mototaxis communément appelé Rakcha est plus cher dont il est impossible d’effectuer plusieurs déplacements en une journée d’un point à un autre.
Au niveau du gaz domestique, la situation est plus qu’alarmante dans la mesure où pour obtenir ne reste qu’une bouteille, il faut passer plusieurs jours d’attente et faire la queue tôt le matin devant les boutiques. Les ménages souffrent énormément et même les restaurants. Dans cette situation où l’interdiction des bois de chauffe et du charbon est stricte, la population ne sait à quel saint se vouer. L’on se pose la question si réellement les autorités sont conscientes de la situation et suivent les questions de changement et d’augmentation de la consommation de la population.
Au niveau sécuritaire, la ville de Abéché est confrontée à un phénomène de banditisme et de vol dont chaque soir les forces de l’ordre se déploient dans les différents recoins pour traquer ces criminels qui n’hésitent pas sur une occasion d’agresser les paisibles citoyens pour arracher leurs biens. Cette situation se caractérise également par cet afflux massif des réfugiés et une forte croissance démographique.
Au titre d’approvisionnement en eau et électricité, malgré les efforts que fournissent les autorités, la population d’Abéché traverse une crise sans précédent. Pour obtenir de l’eau il faut aller à des distances et se fier au système traditionnel d’approvisionnement par les motos, les pousseurs. Une question de savoir à un habitant de la ville, pourquoi vous ne plantez pas d’arbres ? Ce dernier de répondre : “même de l’eau pour boire est difficile pour nous à plus forte raison arroser quotidiennement un arbre”.
Le transport de N’djamena-Abeche coûte excessivement cher dont le montant avec les bus des agences de voyage est de 25000 FCFA, ce qui rend aussi plus difficile la vie à cette population. Contrairement à d’autres grandes villes du pays, les conditions de vie dans la ville de Abéché sont au-dessus du pouvoir d’achat d’un citoyen lambda qui ne peut se procurer trois fois le repas par jour.
Un autre phénomène est ce nombre pléthorique des organisations et agences humanitaires chargées de la gestion des réfugiés, qui occasionne également cette hausse du coût de vie. Une mauvaise qualité de communication, une mauvaise qualité de réseau pour la connexion à l’internet dont il est difficile de pouvoir programmer une activité telle que les réunions ou conférences. Dans cette situation les autorités de régulation de la télécommunications doivent attirer l’attention des compagnies afin de pouvoir assurer un service à la clientèle.
Envoyé Spécial