Les autorités exposent le présumé tortionnaire de 18 jeunes enchaînés dans un centre coranique à Sarh
À peine trois jours après la révélation choquante de dix-huit jeunes retrouvés ligotés dans un centre d’apprentissage coranique du quartier Kemkian, dans le 5ᵉ arrondissement de Sarh, les autorités locales ont présenté publiquement le supposé auteur de ces actes. Il s’agit de Goni Mahamat Goni Mahamat Saleh, interpellé par les forces de défense et de sécurité. La présentation officielle s’est tenue ce 17 novembre 2025 dans les locaux de la brigade de recherches, en présence du maire de la ville, Mahamat Boka Ramadan.
D’après les premières déclarations recueillies sur place, ces jeunes, âgés de 16 à 25 ans, vivaient dans des conditions inhumaines depuis une longue période. Certains auraient été enchaînés pendant plus d’une année, tandis que d’autres subiraient cette situation depuis presque deux ans, selon les témoignages.
Confronté aux autorités, le responsable du centre affirme que seuls six jeunes étaient attachés durant leur déplacement vers Sarh. Il soutient également avoir agi sur insistance de certains parents, qui estimaient ne plus parvenir à discipliner leurs enfants.
Le maire de Sarh, profondément outré, a dénoncé avec vigueur ces méthodes qu’il juge totalement intolérables. Il a annoncé que des poursuites judiciaires seront engagées afin que les responsabilités soient clairement établies. « Même si certains jeunes posent des difficultés comportementales, il existe d’autres moyens d’assurer leur encadrement. Ce qui s’est passé ici est impardonnable. En tant que premier magistrat, nous avons l’obligation de veiller à tout ce qui concerne le bien-être social, la sécurité et le développement de notre communauté », a-t-il déclaré.
Pour l’heure, trois des victimes ainsi que le responsable du centre sont retenus à la brigade de recherches de Sarh pour les besoins de l’investigation, qui se poursuit activement.
Deoudé Ndilbé Apollinaire/ Correspondant à Sarh