Une découverte bouleversante a secoué la ville de Sarh : dix-huit enfants « madjiri » ont été retrouvés enchaînés dans un centre coranique, certains depuis plus d’un an, d’autres depuis deux ans. Originaires de N’Djamena, de Massenya et du Mayo-Kebbi, ces jeunes affirment n’avoir jamais compris pourquoi leurs parents les ont envoyés dans cet établissement ni les raisons de leur mise enchaînement.
Selon les premiers témoignages recueillis sur place, la décision d’enchaîner les enfants provenait souvent de leurs propres parents. Plusieurs d’entre eux, traumatisés, disent ignorer totalement le motif qui a justifié un tel traitement. Parmi ces enfants, figure également un jeune qui serait militaire. « Nous sommes privés de liberté sans savoir pourquoi », a confié l’un des garçons.
Face à la gravité de la situation, les autorités locales ont réagi sans attendre. Le maire de Sarh, Mahamat Ramadan Boka, le Secrétaire des séances de la mairie, Sidothe Beteloum, ainsi que le commissaire central, Abdoulaye Barkaï, accompagnés de leurs équipes, ont effectué une descente sur les lieux pour constater personnellement les faits. Ce qu’ils ont découvert a confirmé l’ampleur des violations subies par ces enfants.
Profondément indigné, le maire a annoncé à la suite de cette visite que les parents des enfants seront contactés afin d’obtenir des explications sur cette pratique qualifiée de privation sévère de liberté. Il a également assuré que toutes les responsabilités seraient examinées.
Une enquête est désormais attendue pour faire toute la lumière sur cette affaire. Pendant ce temps, la population espère des actions rapides pour garantir la sécurité, la dignité et l’avenir de ces jeunes, censés recevoir un enseignement religieux, mais qui ont plutôt été privés de liberté et d’enfance.
Deoudé Ndilbe Appolinaire/ Correspondant à Sarh