L’Ing . Mahamat Awaré Neissa, cadre de l’administration publique du Tchad, dénonce la légèreté dans la réalisation des infrastructures de canalisation dans la ville de N’Djamena
« La réalisation des canalisations à N’Djaména suscite de vives inquiétudes, non seulement sur la qualité des ouvrages livrés, mais surtout sur l’absence flagrante de rigueur dans leur contrôle.
Il est inadmissible que des entreprises de construction puissent mener leurs travaux comme bon leur semble, sans encadrement réel ni contrainte, dans une capitale qui fait face chaque année aux ravages des inondations.
Que font exactement les bureaux de contrôle censés vérifier la conformité des travaux ? Leur laxisme ou complicité est à dénoncer.
Si ces bureaux faisaient correctement leur travail, pourquoi les défauts techniques flagrants ne sont-ils jamais signalés ? Pourquoi les fermetures des caniveaux sont-elles systématiquement cassées, mal conçues ou tout simplement inexistantes, au mépris des clauses techniques prévues dans les contrats publics ?
Aujourd’hui, on observe des canalisations mal pensées, mal exécutées, souvent obstruées par des déchets ou du sable dès leur mise en service. Ces dysfonctionnements compromettent leur efficacité et accentuent les risques d’inondation, notamment en cette période de pluies.
Il est donc temps d’interpeller les autorités concernées dont le ministère des Infrastructures, celui de l’Aménagement du territoire, mais aussi la Mairie de N’Djaména. Leur responsabilité est engagée. Pourquoi laissent-ils passer de tels manquements ? Où est le suivi ? Où est la transparence ?
La gestion des infrastructures ne peut plus se faire à la légère. Elle exige un sérieux à la hauteur des défis urbains actuels. Pour répondre aux besoins de la population et lutter efficacement contre les inondations, il faut en finir avec le laisser-faire ».
Mahamat Awaré Neissa