Situé dans le 7ᵉ arrondissement de N’Djamena, le marché de Dembé est l’un des plus fréquentés de la capitale tchadienne. Chaque jour, des centaines de commerçants et de clients s’y croisent pour acheter légumes, fruits et autres denrées alimentaires. Mais derrière cette effervescence se cache une menace silencieuse : le risque sanitaire lié aux conditions de vente des produits, en particulier des légumes.

Des légumes exposés sans protection

Sur les étals de fortune, les tomates, salades, oignons et carottes sont empilés à même le sol ou dans des bassines en plastique souvent sales. Les maraîchers, qui viennent pour la plupart des villages environnants, exposent leurs récoltes du matin au soir sous un soleil de plomb, sans aucune mesure de conservation. La poussière, les mouches et parfois les eaux usées qui traversent le marché viennent directement contaminer ces produits destinés à la consommation.

« Nous achetons ici parce que c’est moins cher que dans les supermarchés, mais les légumes ne sont pas toujours propres », confie Aïssatou, une ménagère rencontrée sur place.

Un terrain propice à la propagation des maladies

Selon plusieurs agents de santé, ces mauvaises conditions d’hygiène peuvent favoriser la transmission de maladies telles que les diarrhées, les parasitoses intestinales, le choléra ou encore les hépatites. « Quand les légumes ne sont pas bien lavés ou mal désinfectés avant d’être consommés crus, le risque de contamination est élevé », explique un médecin du Centre de santé de Dembé.

Le problème est aggravé par l’absence de contrôle sanitaire régulier au marché. Aucun dispositif d’inspection n’est mis en place pour vérifier la qualité des produits ou sensibiliser les commerçants sur les règles d’hygiène.

Une responsabilité partagée

Face à cette situation, les acteurs pointent la nécessité d’une responsabilité collective. Les autorités municipales sont appelées à renforcer le contrôle sanitaire et à mettre en place des infrastructures adaptées, notamment des points d’eau potable et des lieux de stockage. Les commerçants, quant à eux, doivent veiller à protéger leurs produits contre la poussière et les insectes. Enfin, les consommateurs doivent être vigilants en lavant soigneusement les légumes avant toute préparation.

Prévenir plutôt que guérir

La lutte contre les maladies d’origine alimentaire passe par une meilleure organisation des marchés populaires comme celui de Dembé. Sensibilisation, mesures d’hygiène et contrôle sanitaire régulier restent les clés pour protéger la population contre des épidémies qui peuvent trouver leur origine dans de simples étals de légumes.

Sadou Koumaye/Dari infos

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