Présidentielle 2026 au Bénin : le retrait d’un député des Démocrates ravive les tensions autour du parrainage

‎À l’approche de la présidentielle de 2026, un vent de polémique souffle sur la scène politique béninoise. Au cœur du débat : la décision d’un député du parti Les Démocrates de retirer sa fiche de parrainage, un geste rare qui pourrait avoir des conséquences lourdes sur la participation du parti à la prochaine élection.

‎Le député Michel François Oloutoyé Sodjinou aurait saisi la justice pour récupérer la fiche de parrainage qu’il avait remise à la direction de son parti. Ce retrait, confirmé par un document de procédure judiciaire, a immédiatement relancé les discussions sur la validité des parrainages et sur la solidité du dispositif électoral mis en place depuis la réforme de 2019.

‎Sur le papier, il s’agit d’un simple désengagement individuel. Mais dans la réalité politique béninoise, où chaque parrainage compte, ce retrait pourrait compromettre la candidature du parti d’opposition. En effet, la loi exige que tout candidat à la présidence obtienne le soutien d’au moins 10 % des élus, députés ou maires confondus.

‎Or, le parti Les Démocrates dispose d’un nombre limité d’élus à l’Assemblée nationale. La perte d’un seul parrain peut donc faire basculer tout l’équilibre. L’affaire a d’ailleurs créé des remous en interne : certains cadres dénoncent une « manœuvre politique », d’autres appellent à la retenue, craignant que la tension ne fragilise davantage le parti dans cette phase cruciale du processus électoral.

‎Ce retrait soulève également des questions juridiques. À qui appartient réellement la fiche de parrainage : à l’élu qui la signe, au parti qui la présente, ou à la Commission électorale nationale autonome (CENA) qui la réceptionne ?
‎Les textes restent muets sur le cas d’un élu souhaitant se rétracter après avoir parrainé un candidat. La justice a bien ordonné la restitution de la fiche, mais l’exécution de cette décision et sa portée sur la recevabilité de la candidature restent floues.

‎Cette situation met la CENA et la Cour constitutionnelle face à un casse-tête inédit : comment garantir la régularité du processus tout en respectant la liberté individuelle des élus ?

‎Le système de parrainage, censé renforcer la crédibilité du scrutin, s’est transformé en outil de blocage politique. Du côté du parti Les Démocrates, les responsables assurent maintenir le cap et poursuivre les démarches pour que leur candidat soit bel et bien en lice. Mais en coulisses, les inquiétudes persistent, si la situation n’est pas régularisée avant la clôture du dépôt des dossiers, la CENA pourrait déclarer la candidature irrecevable.
‎Source Jeune Afrique.

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