Le Bloc fédéral du Tchad a tenu un point de presse ce samedi 7 juin 2025 à N’Djamena pour alerter l’opinion publique sur la dégradation préoccupante de la situation politique, sociale et sécuritaire du pays. Dans cette déclaration, le porte-parole Baniara Yoyana a dénoncé les violences étatiques, les atteintes graves aux libertés fondamentales, et les souffrances imposées aux populations.
Le Bloc fédéral affirme que, depuis le « braquage » du référendum constitutionnel des 16 et 17 décembre 2023, le régime en place gouverne contre une partie du peuple tchadien. Il dénonce un vaste plan d’expropriation foncière visant les terres agricoles des paysans, facilité par des conflits intercommunautaires orchestrés, l’implication des autorités locales et la multiplication des zones économiques spéciales. Cette stratégie, jugée « génocidaire », met en péril la paix et la cohésion sociale, en particulier dans les régions de l’Est, du Centre et du Sud.
Le Bloc s’indigne de la prolifération des armes, des nominations népotistes dans l’administration, et de l’impunité généralisée, qui nourrissent les conflits et creusent davantage le fossé entre les citoyens et l’État. Il appelle à une réforme foncière urgente, à la fin de l’élevage transhumant anarchique, et à un aménagement du territoire respectueux des droits coutumiers.
Enfin, le Bloc fédéral exige la libération immédiate des prisonniers politiques, dont le pasteur Bekoutou Pierre, le leader des Transformateurs Masra Succès, et plusieurs journalistes, détenus sans motifs clairs. Il réaffirme que seule la mise en place d’un système fédéral de gouvernance permettra au Tchad de sortir de sa crise structurelle, en instaurant la justice, l’équité et le développement local.
Chakgabka Pahna